‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 180 sur 489 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

MARTINE

Voyez un peu cet impertinent, qui veut empêcher les maris de battre leurs femmes! .

MONSIEUR ROBERT

Je me rétracte.

f. MARTINE.

Qu'avez-\ous à voir là-dessus?

MONSIEUR ROBERT

Rien.

Est-ce à vous d'y mettre le nez?

MONSIEUR ROBERT

Non.

MARTINE

Mêlez-vous de vos affaires.

MONSIEUR ROBERT

ie ne dis plus mot.

MARTINE

U me plaît d'être battue.

MONSIEUR ROBERT

D'accord.

MARTINE

Ce n*est pas à vos dépens.

MONSIEUR ROBERT

Il est vrai.

MARTINE

Et vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n'avez que faire.

Elle lui donne un soufflet.)

MONSIEUR ROBERT, à Sganarelle.

Compère, je vous demande pardon de tout mon cœur. Faites, rossez, battez comme il faut votre femme ; je vous aiderai si vous le voulez.

SGANAUELLE.

11 ne me plaît pas, moi.

MONSIEUR ROBERT

Ah! c'est une autre chose.

SGANARELLE

Je la veux battre, si je le veux ; et ne la veux pas battre, si je ne le veux pas.

MONSIEUR ROBERT

Fort bien.

SGANARELLE

C'est ma femme, et non pas la vôtre.

MONSIEUR ROBERT

Sans doute.

SGANARELLE

Vous n'afez rkia à me commander.

MONSIEUR ROBERT

D'accord.

SGANARELLE

le n'ai que faire de votre aide.

MONSIEUR ROBERT

Très-volontiers.

Et VOUS êtes un impertinent de vous ingérer des affaires d'autrui. Apprenez que Cicéron dit qu'entre Tarbre et le doigt il ne faut point mettre Técorce. (Il le chasse après l'avoir battu.)

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