‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 200 sur 489 · SCÈNE VIL - GÉRONTE, SGANARELLE, JACQUELINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL - GÉRONTE, SGANARELLE, JACQUELINE

SGANARELLE, à Jacqueline.

Doucement, vous. (A Géronte.) Monsieur, voilà une nourrice à laquelle il faut que je fasse quelques petits remèdes.

JACQUELL\E.

Qui? moi? Je me porte le mieux du monde.

SGANARELLE

Tant pis, nourrice; tant pis. Cette grande santé est à craindre, et il ne sera pas mauvais de yous faire quelque^petite saigqée amiable, de vous donner quelquetjpetit clystère dulcifiant.)

GÉRONÏE; -

Mais, monsieur, voilà une mode que je ne comprends point. Pourquoi s'aller faire saigner quand on n'a point de maladie?

SGANARELLE

Il n'importe, la mode en est salutaire ; et, comme on boit pour la I soif à venir, il faut se faire aussi saigner pour la maladie à venir *. '

JACQUELINE, en s'en allant. ""'^ ""

Ma C; je me moque de ça, et je ne veux point faire de mon corps une boutique d'apothicaire.

SGANARELLE

Vous êtes rétive aux remèdes ; mais nous saurons vous soumettre à la raison.

* C'était exactement la médecine du temps, qui ordonnait sans cesse des pur- I gâtions ou des saignées de précaution. On voit, dans les Mémoires de Dangeau,

Sue Louis XIV prenait médecine chaque mois, pour la maladie à venir, comme it Sganarelle. (Auger.)

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