‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 21 sur 489 · SCÈNE V. — LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE, PHILIS, MORON · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE, PHILIS, MORON

D'où sort cette fierté où l'on ne s'attendoit point? Princesses, que dites- vous de ce jeime prince? Avez-vous remarqué de quel ton il l'a pris*^

AGLANTE

Il est \Tai que cela est un peu fier.

MORON, à part.

Ah! quelle brave botte il vient là de lui porter!

LA PRLNCESSE.

Ne trouvez-vous pas qu'il y auroit plaisir d'abaisser son orgueil, el de soumettre un peu ce cœur qui tranche tant du brave ?

CYNTHIE

Comme vous êtes accoutumée à ne jamais recevoir que des hommages et des adorations de tout le monde, un compliment pareil au sîen doit vous surprendre, à la vérité.

2» LA TRINCESSE D'ELIDE.

LA PIJNCESSE.

Je VOUS avoue que cela m'a donné de Fémotion, et que je souhaiterois fort de trorver les moyens de châlier cette hauteur. Je n'avois pas beaucoup denvie de me trouver à cette course ; mais j'y veux aller exprès, et employer toute chose pour lui donner de Tamour.

CYNTIIIE.

Prenez garde, madame. L'entreprise est périlleuse; et, lorsqu'on veut donner de Tamour, on court risque d'en recevoir.

Ah! n'appréhendez rien, je vous prie. Allons, je vous réponds de aïoi*^

SECOND INTERMÈDE SCÈiNE L — PIIILIS, MORON.

MORON

. Philis, demeure id.

PIIILIS.

Non. Laisse-moi suivre les autres.

MORON

Alil cruelle, sic'étoit Tircis qui t'en priât, tu demeurerois bien vite.

PIULIS.

Cela se pourroit faire, et je demeure d'accord que je trouve bien mieux mon compte avec lun qu'avec l'autre; car il me divertit avec sa voix, et toi, tu m'étourdis de ton caquet. Lorsque tu chanteras aussi bien que lui, je te promets de t"écouter

MORON

Eh 1 demeure un peu.

PIIILIS.

Je ne saurois.

MORON

De grâce!

pniLis.

Point, te dis-je.

MORON, retenant Philis.

Je ne te laisserai point aller.

PIIILIS.

Ah ! que de façons !

M0R(Mf.

Je ne te demande qu'un moment à être avec toi.

* Ce second acte, il faut l'avouer, est d'une grande froideur : tout 1 intérêt du sujet va porter sur le troisième.

SECOND INTERMEDE 23

PIIILIS.

Eh bien, oui, j'y demeurerai, pourvu que tu me promettes une

rliose.

MOROn.

Et quelle?

pniLis.

De ne me parler point du tout.

MORON

Eh! Philis.

PIIILIS.

A moins que de cela, je ne demeurerai point avec toi.

MORON

Veux-lu me...

PlULIS.

Laisse-moi aller.

MORON

Eh bien, oui, demeure. Je ne te dirai mot.

PIIILIS.

Prends-y bien garde, au moins; car à la moindre parole je prends la fuite.

MORON

Soit. (Après avoir fait une scène de gestes.) Ah! Philis!... Eh!..

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