SCÈNE m. — UN SATYRE, MORON
LE SATYRE chanle..
La, la, la.
MORON
Ah! satyre, mon ami, tu sais bien ce que tu m'as promis il y a longtemps. Apprends-moi à chanter, je te prie.
LE SATYRE
Je le veux; mais auparavant écoute une chanson que je viens de faire.
S4 LA PRINCESSE D'ÊLIDE.
MORON, bas, à pari.
Il est si accoutumé à chanter, qu'il ne sauroit parler d'autre façon. (Ilaut.) Allons, chante, j'écoute.
LE SATYRE chante
Je portois...
MORON
Une chanson? dis- tu.
LE SATYRE
Je port...
MORON
Une chanson à chanter?
LE SATYRE
Je port...
MOROIf
Chanson amoureuse? Peste! '
LE SATYRE
Je portois dans une cage Deux moineaux que j'avois pris, Lorsque la jeune Chloris Fit, dans un sombre bocage, Briller à mes yeux surpris Les fleurs de son beau visage.
Ilélas! dis-je aux moineaux, en recevant les coups , De ses yeux si savants à faire des conquêtes, Consolez-vous, pauvres petites bêtes, Celui qui vous a pris est bien plus pris que vous.
Moron demande au satyre une chanson plus passionnée, et le prie de lui dire celle qu'il lui avoit ouï chanter quelques jours auparavant*
LE SATYRE chantO.
Dans vos chants si doux Chantez à ma belle, Oiseaux, chantez tous Wa peine mortelle.
Mais, si la cruelle Se met en courroux Au récit fidèle Des maux que je sens pour elle, Oiseaux, taisez- vous.
MORON
Ah! quelle est belle! Apprends-la-moi.
LE SATYRE
La, la, la, la.