‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 236 sur 489 · SCÈNE III. — LYCAS, PHILÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. — LYCAS, PHILÈNE

PHILÈNE, sans voir Lycas, chante.

Paissez, chères brebis, les herbetles naissantes ; Ces prés et ces ruisseaux ont de quoi vous charmer : Mais, si vous désirez vivre toujours contentes,

Petites innocentes.

Gardez-vous bien d'aimer.

LYCAS, sans voir Philène.

Ce pasteur, voulant faire des vers pour sa maîtresse, prononce le nom d'Iris assez haut pour que Philène l'entende, PHILÈNE, à Lycas.

Est-ce toi que j'entends, téméraire? Est-ce toi Qui nommes la beauté qui me tient sous sa loi?

LYCAS

Oui, c'est moi ; oui, c'est moi.

PHILÈNE

Oses-tu bien, en aucune façon.

Proférer ce beau nom ?

LYCAS

Eh! pourquoi non? eh! pourquoi non?

PHILÈNE

Iris charme mon âme ; Et qui pour elle aura Le moindre brin de flamme, Il s'en repentira.

LYCAS

Je me moque de cela.

Je me moque de cela.

PHILÈNE

Je t'étranglerai, mangerai,

Si tu nommes jamais ma belle;

Ce que je dis, je le ferai,

Je t'étranglerai, mangerai.

11 suffit que j'en ai juré :

Quand les dieux prendroient ta querelle.

Je t'étranglerai, mangerai.

Si tu nommes jamais ma belle.

LYCAS

Bagatelle, bagatelle.

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