SCÈNE III. — LYCAS, PHILÈNE
PHILÈNE, sans voir Lycas, chante.
Paissez, chères brebis, les herbetles naissantes ; Ces prés et ces ruisseaux ont de quoi vous charmer : Mais, si vous désirez vivre toujours contentes,
Petites innocentes.
Gardez-vous bien d'aimer.
LYCAS, sans voir Philène.
Ce pasteur, voulant faire des vers pour sa maîtresse, prononce le nom d'Iris assez haut pour que Philène l'entende, PHILÈNE, à Lycas.
Est-ce toi que j'entends, téméraire? Est-ce toi Qui nommes la beauté qui me tient sous sa loi?
LYCAS
Oui, c'est moi ; oui, c'est moi.
PHILÈNE
Oses-tu bien, en aucune façon.
Proférer ce beau nom ?
LYCAS
Eh! pourquoi non? eh! pourquoi non?
PHILÈNE
Iris charme mon âme ; Et qui pour elle aura Le moindre brin de flamme, Il s'en repentira.
LYCAS
Je me moque de cela.
Je me moque de cela.
PHILÈNE
Je t'étranglerai, mangerai,
Si tu nommes jamais ma belle;
Ce que je dis, je le ferai,
Je t'étranglerai, mangerai.
11 suffit que j'en ai juré :
Quand les dieux prendroient ta querelle.
Je t'étranglerai, mangerai.
Si tu nommes jamais ma belle.
LYCAS
Bagatelle, bagatelle.