‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 254 sur 489 · SCÈNE X.- ADRASTE, IIALI, DEUX LAQUAIS · texte numérisé non relu

SCÈNE X.- ADRASTE, IIALI, DEUX LAQUAIS

ADRASTE

Eh bien, Hali, nos affaires s'avancent-elles?

HALI

Monsieur, j'ai déjà fait quelque peîite tentative; mais je...

ADRASTK.

Ne te mets point en peine; j'ai trouvé, par hasard, tout ce que je voulois; et je vais jouir du bonheur de voir chez elle cette belle. Je me suis rencontré chez le peintre Damon, qui m'a dit qu'aujourd'hui il venoit faire le portrait de cette adorable personne ; et, comme il est depuis longtemps de mes plus intimes amis, il a voulu servir mes feux, et m'envoie à sa place, avec un petit mot de lettre pour me faire accepter. Tu sais que, de tout temps, je me suis plu à la peinture, et que parfois je manie le pinceau, contre la coutume de France, qui ne veut pas qu'un gentilhomme sache rien faire : ainsi j'aurai la liberté de voir cette ^belle à mon aise. Mais je ne doute pas que mon jaloux fâcheux ne soit toujours présent, et n'empêche tous les propos que nous pourrions avoir ensemble; et, pour te dire vrai, j'ai, par le moyen d'une jeune esclave, un stratagème prêt pour tirer cette belle Grecque des mains de son jaloux, si je puis obtenir d'elle qu'elle y consente.

SCÈÎSE XI. 267

HALI

Laissez-moi faire, je veux vous faire un peu de jour à la pouvoir entretenir. (Il pnrle bas à l'oreille d'Adraste.) Il ne sera pas dit que je ne serve de rien dans cette afiaire-là. Quand y allez- vous?

ADF.ASTE.

Tout de ce pas, et j'ai déjà préparé toutes choses.

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