SCÈNE XXI. — UN SÉNATEUR, DON PÈDRE
LE SÉNATEUR
Serviteur, seigneur don Pèdre. O'ie vous venez à propos!
DON PÈDRE
Je viens me plaindre à tous d'un aflront qu'on m'a fait.
LE SÉNATEUR
J'ai fait une mascarade la plus belle du monde.
DON PÈDUË.
Un traître de François m'a joué une pièce.
LE SÉNATEUR
Vous n'avez, dans votre vie, jamais rien vu de si beau.
DON PÈDKE.
Il m'a enlevé une fUle que j'avois affranchie.
LE SÉNATEUR
Ce sont gens vêtus en Maures qui dansent admirablement.
DON PÈrUE.
Vous voye^ si c'est une injure qui se doive souffrir.
LE SÉNATEUR
Les habits merveilleux, et qui sont faits exprès.
DON PÉDUE.
Je demande l'appui de la justice contre cette action.
LE SÉNATEUR
Je veux que vous voyiez cela. On la va répéter, pour en donner le divertissement au peuple.
DON PÈDRE
Comment! de quoi parlez-vous là?
LE 6ÉNATEU1.
Je parle de ma mascarade.
DON PÈDRE
Je vous parle de mon affaire.
LE SÉNATEUR
I Je ne veux point, aujourd'hui, d'autres affaires que de plaisir. Allons, I iiessieurs, venez. Voyons si cela ira bien.
I * Depuis la scène x\, l'action s'est passée dans une salle de la maison de doii : Pèdre. Ici, le théâtre a changé encore une fois; il représente, comme dans les premières, scènes une rue o«i «ne place publique.
276 LE TARIUFFE.
DOIJ PÈDRE.
La peste soit du fou, avec sa mascarade!
LE SÉNATEDR.
Diantre soit le fâcheux, avec son affaire!
SCÈNE XXII. — UN SÉNATEUR, TROUPE DE DANSEURS. TROISIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Plusieurs danseurs, vêtus en Maures, dansent devant le sénateur, et finissent la comédie.