‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 487 sur 489 · ACTE V, SCÈNE VI. S · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI. S

HAKPAGCS.

Lui-même

VALÈJIS.

Qui vous dit cela'

HARPAGON

Maître Jacques.

VAI.iÎRE, à maître Jacquè*.

C'est loi qui le dis?

MAÎTRE JACQUES

Vous voyez que je ne dis rien.

HARPAGON

Oui. Voilà monsieur le commissnire qui a reçu sa déposition.

VALÈRE

PouYCZ-vous me croire capable dune action si lâche?

Capable ou non capable, je veux ravoir mon argent.

ICÈNE YI. — HARPAGON, ANSEOIE, ÉLISE, MARIANE, CLÉANTE. VALÈRE, FROSINE, UN COMMISSAIRE, MITRE JACQUES, LA FLÈCHE.

CLÉANTE

Ne vous tourmentez point, mon père, et n'accusez personne. J'ai lécouvert des nouvelles de votre afiaire ; et je viens ici pour vous dire [ue, si vous voulez vous résoudre à me laisser épouser Mariane, votre rgent vous sera rendu *.

HARPAGON

Où est-iP

CLÉANTE

Ne vous en mettez point en peine. Il est en lieu dont je réponds; it tout ne dépend que de moi. C'est à vous de me dire à quoi vous ous déterminez ; et vous pouvez choisir, ou de me donner Mariane, >u de perdre votre cassette.

HARPAGON

N'en a-t-on rien ôté?

CLÉANTE

Rien du tout. Voyez si c"est votre dessein de souscrire à ce mariage, it de joindre votre consentement à celui de sa mère, qui lui laisse la iberté de faire un choix entre nous deux.

MARIANE, à Cléanle

Mais vous ne savez pas que ce n'est pas assez que ce consentement ,

* Ainsi le vol de la casseUe n'est qu'un moyen d'obtenir le consentement d'Harlagon au mariage des deux amants. (A. M.)

et que le ciel, (Montrant Vaière.) avec un frère que vous voyez, vient de me rendre un père (Montrant Anselme.) dont vous avez à m'oblenir.

ANSELME

Le ciel, mes enfants, ne me redonne point à vous pour être contraire à vos vœux. Seigneur Harpagon, vous jugez bien que le choix d'une jeune personne tombera sur le fils plutôt que sur le père : allons, ne vous faites point dire ce qu'il n est pas nécessaire d'entendre; et consentez, ainsi que moi, à ce double hyménée.

IIAKPACON.

Il faut, pour me donner conseil, que je voie ma cassette-

CLÉANTE

Vous la verrez saine et entière.

lIAliPAGON.

Je n'ai point d'argent à donner en maiiage à mes enfants.

ANSELME

Eh bien, j'en ai pour eux; que cela ne vous hiquiète poi:it.

HARPAGON

Vous obligerez-vous à faire tous les frais de ces deux mariages?

ANSELME

Oui, je m'y oblige. Êtes-vous satisfait? Harpagon.

Oui, pourvu que, pour les hÔcés, 'v'ôts' me fassiez faire un habit

ANSELME

D'accord Allons jouir de Tallégresse que cet heureux jour nous présente.

LE COMMISSAIRE

Holà ! messieurs, holà! Tout doucement, s'il vous plait. Qui me payera mes écritures?

• HARPAGON

Nous n'avons que faire de vos écritures.

LE COMMISSAIRE

Oui ! mais je ne prétends pas, moi, les avoir faites pour rien.

HARPAGON, montrant maîlre Jacques.

Pour votre payement, voilà un lu mm3 que je vous donne ; pendre.

MAÎTRE JACQUES

Ilélas! comment faut-il donc faire? On me donne des coups de bâton pour dire vrai, et on me veut pendre pour mentir!

ANSELME

Seigneur Harpagon, il faut lui pardonner cette imposture.

HARPAGON

Vous payerez donc le commissaire?

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