ACTE II, SCÈNE III
CHAllLOTTE.
Mon Dieu ! je ne sais si vous dites vrai ou non ; mais vous faites que Ton vous croit.
Lorsque vous me croirez, vous me rendrez justice assurément, et je vous réitère encore la promesse que je vous ai faite. Ne Tacceptezvous pas? et ne voulez- vous pas consentir à être ma femme?
CHARLOTTE
Oui, pourvu que ma tante le veuille.
DON JUAN
Touchez donc là, Charlotte, puisque vous le voulez bien de votre part.
CHARLOTTE
Mais au moins, monsieu, ne m'allez point tromper, je vous prie ! Il y auroit de la conscience à vous, et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi.
DON JUAN
Comment! il semble que vous doutiez encore de ma sincérité! Voulez-vous que je fasse des serments épouvantables? Que le ciel...
CHARLOTTE
Mon Dieu ! ne jurez point ! je vous crois.
DON JUAN
Donnez-moi donc un petit baiser pour gage de votre parole.
CHARLOTTE
Oh ! monsieu, attendez que je soyons mariés, je vous prie. Après ça, je vous baiserai tant que vous voudrez.
DON JUAN
Eh bien, belle Charlotte, je veux tout ce que vous voulez ; abandonnez-moi seulement votre main, et souffrez que, par mille baisers, je lui exprime le ravissement où je suis. .