SCÈNE IV. — MONSIEUR DIMANCHE, SGANARELLE
SGANARELLE
Il faut avouer que vous avez en monsieur un homme qui vous aime bien.
MONSIEUR DIMANCHE
Il est vrai; il me fait tant de civilités et tant de compliments, que je ne saurois jamais lui demander de l'argent.
SGANARELLE
Je vous assure que toute sa maison périroit pour vous; et je voudrois qu'il vous arrivât quelque chose, que quelqu'un s'avisât de vous donner dos coups de bâton, vous verriez de quelle manière...
* MONSIEUR DIMANCHE
Je le crois; mais, Sganarelle, je vous prie de lui dire un petit mot de mon argent.
SGANARELLE
Oh! ne vous mettez pas en peine, il vous payera le mieux du monde.
MONSIEUR DIMANCHE
Mais vous, Sganarelle, vous me devez quelque chose en votre particulier.
SGANARELLE
Fi ! ne me parlez pas de cela.
MONSIEUR DIMANCOB.
Comment? Je...
SGANARELLE
Ne sais-je pas bien que je vous dois?
MONSIEUR DIMANCHE
Oui. Mais. .
SGANARELLE
Allons, monsieur Dimanche, je vais vous éclairer.
* Cette scène est un chef-d'œuvre de comique et de vérité ; mais, l'oserai-je dire'/ ; elle est aussi un hors-d'œuvre. Elle ne concourt ni au développement de l'ac- ' tion, ni à celui du caractère principal. lAuger.; — Prise en elle-même, et indépendamment de l'ensemble, c'est une des jjlus jolies qu'il y ait au théâtre. (F. L.)
MONSIEUR DIMANCHE
Mais mon argent?
SGAiVARELLE, prenant monsieur Dimanche par le bras. Vous moquez- VOUS?
MONSIEUR DIMANCHE
Je veux.-.
SGANARELLE, le tirant.
Eh!
MONSIEUR DIMANCHE
J'enlends...
SGANARELLE, le poussant vers la porte.
Bagatelles '
MONSIEUR DIMANCHE
Mais..,
SGANARELLE, le poussant encore.
Fi!
MONTEUR DIMANCHE
Je...
SGANARELLE, le poussant tout à fait hors du théâlre.
Fi ! VOUS dis-je.