‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 139 sur 329 · A MONSIEUR, CRETIN , ' SOUVERAIN POETE FRANÇOYS · texte numérisé non relu

A MONSIEUR, CRETIN , ' SOUVERAIN POETE FRANÇOYS

1j' HOMME sotart, et non sçavant, Comme un rôtisseur qui lave oye , La faulte d'aucun nonce , avant Qu'il la congnoisse , ne la voye :

Mais vous, de hault sçavoir la voye, Sçaurez par trop mieulx m' excuser D'un gros erreur, si faict l'avoye, Qu'un amoureux de musc user. "*

' Marot envoya cette ëpigramme à Crétin avec le chant royal de la Conception , qu'il avait compose à la prière de ce poète de'vot.

2 Nous découvrons à peine le sens de cette e'pigramme , à travers les équivoques et les vieux proverbes dont elle est remplie à dessein. Pasquier la trouvait d'abord volontiers ridicule, m'estant esmerveillé mille foy s , dit-il , pourquoy il n'y a rien qu'une affectation d'équivoques : toutesfoys après avoir leu les œuvres de Crétin , non seulement je Vexcusay , mais loûay la gentilesse de son esprit , d'autant qu'il dedioit son livre à uri homme duquel toute l'estude ne gisoit qu'en équivoques.

33o ÉPIGRAMMÈS.

POUR LE MAY PLANTE PAR LES IMPRIMEURS DE LYON DEVANT LE LOGIS DU SEIGNEUR TRIVULSE. *^

Au ciel n'y a ne planette, ne signe,

Qui si apoinct sceut gouverner l'année ,

Comme est Lyon la cité gouvernée

Par toy, Trivulse, homme clair et insigne:

Cela disons pour ta vertu condigne,

Et pour la joye entre nous démenée,

Dont tu nous as la liberté' donnée,

La liberté', des trésors la plus digne.

Heureux vieillard , les gros tabours tonnans ,

Le may plante', et les fiffres sonans,

En vont louant toy, et ta noble race.

Or pense donc , que sont noz vouluntez ,

Veu qu'il n'est rien , jusque aux arbres plantez ,

Qui ne t'en loue, et ne t'en rende grâce.

* Trivulse (Théodore) , Italien , neveu du célèbre maréchal Jacques Trivulse , se distingua dans les guerres d'Italie. En 1527, François I" le fit mare'chal de France à la place de la Palice, et lui donna le gouvernement de Gènes , que Trivulse défendit vainement, l'année suivante, contre les habitans revolte's. Il mourut sans enfans, en i53i , à Lyon, dont il e'tait gouverneur.

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