LIVRE I
Mais a ce mal ne fault grand'medecine , Tant seulement fault estre bien couché , Non pas en lict, n'en linge bien séché , Mais en Testât du noble roy chrestien.
Long temps y a que debout je me tien, Noble seigneur : prenez doncques envie De me coucher à ce coup si tresbien , Que relever n'en puisse de ma vie.
AU ROY
1 ANDIS que festois par chemin,
L'estat sans moy print sa closture :
* Mais ( Sire ) un peu de parchemin
M'en pourra faire l'ouverture :
Puis le trésorier dit, et jure,
Si du parchemin puis avoir ,
Qu'il m'en fera par son sçavoir ,
De l'or : c'est une grand'practique :
Et ne l'ay encores sceu veoir ^ Dans les fourneaux du Magnifique. *
* Le Magnifique e'tait un charlatan célèbre , qui se vantait de savoir composer l'or par des moyens chimiques , et s'enrichissait des bienfaits de François I", en lui fesant espérer d'immenses trésors.
YII.
au conte de chasteaubrlant , " luy dediant un livre d'epigrammes.
Ce livre mien d'epigrammes te donne , Prince Breton , et le te présentant , Présent te fais , meilleur que la personne De l'ouvrier mesme, et fust il mieulx chantant : Car mort ne va les œuvres abbatant Et mortel est celluy là qui les dicte : Puis tien je suis , des jours a tant, et tant : De m'y donner, ne seroit que redicte.
A MONSIEUR BRAILLON, MEDECIN.^
vj'eST un espoir d'entière guerison, Puis que saute en moy desja s'imprime.
* Le comte de Chtlteaubriatit est un des seigneurs qui a fait le plus de bruit ;i la cour de François I^*", grâce à la beauté' de sa femme. Il était peu courtisan , et n'avait pas la bassesse de s'estimer honore' de partager sa femme avec le roi. Mais il montra une lâche cruauté, en attendant que le monarque eût entièrement oublié cette maîtresse, pour se livrer sans danger à sa vengeance , et laver son ancien affront dans le sang de sa coupable moitié'.
^ Les quatre e'pigrammes suivantes sont adresse'es aux trois me'decins que François I" envoya pour soigner Marot pendant la maladie quip en i53i, mit ses jours en danger. Voyez V Essai historique.