DE SOY MESME
X LUS ne suis ce que j'ay esté , Et ne le sçaurois jamais estre :
Mon beau printemps , et mon esté Ont faict le sault par la fenestre.
Amour , tu as este mon maistre > Je t'ai servy sur tous les dieux.
O si je pouvois deux foys naistre, Comme je te servirois mieulx. ^
' « Sans le printems et l'e'te' qui font le saut par la fenêtre, cette >> epigramme serait digne de Callimaque. » Marmontel.
Régnier a développe cette pense'e dans une ode qui n'est pas indigne d'être lue j nous n'en citerons que quelques vers :
Jamais ne pourray je bannir Hors de moy l'ingrat souvenir De ma gloire si test passée ?
Tousjours pour nourrir mon soucy , Amour , cest enfant sans mercy , L'offrira t il à ma pensée ?
Tu me fis tous maulx esprouver ,
Et , sans jamais me retrouver ,
Je m'allois cLerchant en moy mesmc.
Un regret pensif et confus
D'avoir esté et n'estre plus
Rend mon ame aux douleurs ouverte ;
A mes despens , las ! je sens bien
Qu'un bonheur comme estoit le mien
Ne se congnoJst que par la perte.