LIVRE I
11 est escript aux ci eux , Et de nuict se peult lire. ^
Cest endroict de forest Nul chevalier ne passe , Sans confesser qu'elle est Des dames Toultrepasse.
S'il en double , ou débat , Point ne fault qu'il présume S'en aller sans combat :
C'est au lieu la coustume.
XXYII.
POUR LE PERRON DE MONSEIGNEUR d'ORLEANS. ^
V 0 Y C Y le val des constans amoureux , Ou tient le parc l'amant chevaleureux ,
^ Il devait coûter à Marot d'applaudir , en quelque sorte , à l'infidélité qui avait fait passer l'ambitieuse Diane dans les bras d'un rival. Mais ce rival était le daupbin ; mais les années emportent le souvenir d'un amour malheureux , et d'ailleurs les poètes courtisans sont habitués à mentir à leur conscience.
^ Charles , duc d'Orléans , troisième fils de François 1er ^ était celui que ce monarque chérissait le plus tendrement. Une figure charmante , quelques qualités aimables p favorisaient cette prédilection^ mais la nation voyait avec inquitétude son ambition démesurée, sa témérité, et surtout l'antipathie qui éloignait les deux frères. Ce jeune prince, atteint d'une maladie contagieuse qu'il avait imprudemment bravée, expira, entre les bras de son père désolé, le 8 septembre i545.
348 ÊPIGRAMMES.
Qui n'ayma onc, n^ayme, et n'aymera qu'une. D'icy passer n'aura licence aucune Nul chevalier, tant soit preux et vaillant , Si ferme amour est en lui défaillant.
S'il est loyal , et veult que tel se treuve , 11 luy convient lever pour son espreuve Ce marbre noir : et si pour luy trop poise , Chercher ailleurs son aclventure voyse.
XXVTII.