‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 236 sur 329 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

*A ANNE

L'heur ou malheur de vostre congnoissance

Est si doubteux en mon entendement ,

Que je ne sçay s'il est en la puissance

De mon esprit en faire jugement :

Car si c'est heur, je sçay certainement

Qu'un bien est mal quand il n'est point durable :

Si c'est malheur , ce m'est contentement

De l'endurer pour chose si louable. ^

A UNE DAME, POUR l' ALLER VEOIR.

JPjNDORMEZ bien Argus qui a tant d'yeulx , Et faictes tant que Dangier se retire : Duysans ne sont , mais par trop ennuyeux , A qui aller vers sa dame désire.

' Cette ëpigramme se trouve aussi dans les poe'sies de Saint Gelais 5 les quatre derniers vers sont seulement un peu change's. Les voici :

L'heur est si grand , que j'y crains changement , Et l'heur est mal , quand il n'est point durable : Au mal aussi y a contentement De l'enduier pour chose si louable.

Là vous pourrez de bouche à loysir dire , Ce , dont Tescript un mot n'ose parler : Qu'en dictes vous, madame, y doy je aller? Non, j'y courray, mes emprises sont telles ; Comment courir, j'y pourray bien voler Car j'ay d'Amour avecques moy les aesles.

XXXIY.

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