‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 242 sur 329 · A UNE DONT IL NE POUVOIT OSTER SON CUEUR · texte numérisé non relu

A UNE DONT IL NE POUVOIT OSTER SON CUEUR

Jr UIS qu'il convient par le pardon gaigner De tous péchez faire confession Et pour d'enler Tesperit esloigner Avoir au cueur ferme contrition :

Je te supply fais satisfaction Du povre cueur qu'en peine tu reliens , Ou si le veulx en ta possession , Confesse donc mes péchez et les tiens.

d'un poursuyvant en amouhs.

Je sens en moy une flamme nouvelle, Laquelle vient d'une cause excellente Qui tous les jours me dit, et me revelle , Que demourer doy personne dolente.

O Amour plein de force violente, Pourquoy as tu mon tourment entrepris ?

Approchez vous , belle qui m'avez pris : Amour cruel vostre amy veult occire, lï. 28

Et gaignera la bataille et le prix, Si ne m'armez du bien que je désire.

A ANNE

-Le clair soleil par sa présence efface, Et faict fuyr les ténébreuses nuictz , Ainsi pour moy (Anne) devant ta face S'en vont fuyans mes langoureux ennuiz : Quand ne te voy tout ennuyé je suis : Quand je te voy je suis bien d'autre sorte. Dont vient cela? sçavoir je ne le puis , Si n'est d'amour , Anne , que je te porte.

DE ANNE qu'il AYME FORT.

J'AM Aïs je ne confesserois ,

Qu'amour d'Anne ne m'a sceu poindre :

Je l'ayme , mais trop l'aymerois ,

Quand son cueur au mien vouldroit joindr

Si mon mal quiers, m'amour n'est moindre,

îîe moins prisé le Dieu qui vole :

Si je suis fol, amour m'affolle ,

Et vouldrois, tant j'ay d'amytié,

Qu'autant que moy elle fust folle.

Pour estre plus fol la moytié.

IIVRE III. 435

A ANNE qu'il SONGE DE NUICT.

Anne ma sœur, dont me vient le songer, Qui toute nuict par devers vous me meine? Quel nouvel hoste est venu se loger Dedans mon cueur , et tous jours si pourmaine, Certes je croy ( et ma foy n'est point vaine ) Que c'est un Dieu : me vient il consoler? Ha, c'est Amour, je le sens bien voler. Anne ma sœur , vous l'avez faict mon hoste : Et le sera, me deust il affoller, Si celle la qui l'y meit ne l'en oste.

DU MOYS DE MAY ET d'ANNE.

May, qui port oit robbe reverdissante , De fleur semée un jour se meit en place , Et quand m'amye il veit tant fleurissante, De grand despit rougit sa verte face , En me disant : Tu cuydes qu'elle efface , A mon advis les fleurs qui de moy yssent : Je luy respons , toutes tes fleurs périssent , Incontinent qu'y ver les vient toucher. Mais en tous temps de ma dame fleurissent Les grans vertus que mort ne peult sécher.

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