DU LIEUTENANT CRIMINEL ET DE SEMBLANÇAY
xjORS que Maillard ^ juge d'enfer meiioit
A Montfaulcon Semblançay* Tame rendre, A vostre advis , lequel des deux tenoit Meilleur maintien ? Pour le vous faire entendre , Maillard sembloit homme qui mort va prendre : Et Semblançay fut si ferme vieillart, Que Ton cuydoit, pour vray, qu'il menast pendre A Montfaulcon le lieutenant Maillard. ^
* Gilles Maillard , établi lieutenant-criminel de la pre'vôtë de Paris, en i5oi. Marotfut obligé de comparaître devant lui , lorsqu'à la de'nonciation de Diane de Poitiers , il fut arrêté comme luthe'rien . Maillard , si l'on en juge par la vengeance, n'avait pas ménage' l'accusé dans cette affaire.
* Voyez au tome 1^^ , l'élégie i du livre II , dans laquelle Semblançay déplore lui-même son malheureux sort.
^ Voltaire appelle héroïques les épigrammes qui présentent à la fin une pensée ou une image forte et sublime , en conservant pourtant dans le vers une naïveté convenable à ce genre. « Voilà , dit-il , après J) avoir cité l'épigramme Lorsque Maillard etc. , de toutes les 3) épigrammes dans le goût noble, celle à qui je donnerais la pré- » férence. »
« Nous avons une épigramme de Marot dans le goût de celles des » anciens , où l'on traitait quelquefois des sujets nobles , ce qui « n'est point contraire au caractère de l'épigramme qui peut pren-