‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 280 sur 329 · AD LICINIANUM, SCRIPTORES UNDE · texte numérisé non relu

AD LICINIANUM, SCRIPTORES UNDE

Lib. I. £pig. L»i.

Verona docti syllabas amat vatis , etc.

DES POETES FfiANÇOYS, A SALEL.

JJ E Jehan de Mehun ^ s'enfle le cours de Loire : En maistre Alain ^ Normandie prend gloire , ' Et plaint encor mon arbre paternel : Octavian ^ rend Cognac éternel :

* Jean de Clopinel, dit de Meun, né à Meun-sur-Loire, à quatre lieues d'Orléans, vivait vers l'an i3oo , sous le règne de Philippele-Bel. Il fut nomme' Clopinel , parce qu'il e'tait boiteux. Il traduisit les Consolations de Boèce, les Épîtres d*Abélard , et il continua le Roman de la Rose , que Guillaume de Lorris n'avait pas achevé'.

2 Alain Chartier , secre'taire des rois Charles VI et VII , poète ele'gant et habile orateur. Le trait suivant donnera une ide'e de l'espèce de culte dont on entourait la science en ces tems de barbarie. Marguerite d'Ecosse, femme de Louis XII , alors dauphin, voyant ce poète endormi, s'approcha et le baisa. Cette princesse -jdit en riant aux courtisans , ëtonnès d'une familiarité' que la laideur d'Alain ne rendait pas suspecte : Ce n'est pas l'homme que j'ai baisé, mais la bouche qui a prononcé tant de belles choses. Cependant, ce serait faire tort à Marguerite, de croire que sa jolie lèvre ait touche' la bouche du difforme Alain.

^ Octavien de Saint-Gelais , e'vêque d'Angouléme. Il traduisit en vers français les Épîtres d* Ovide et quelques livres de V Odyssée. Ses autres ouvrages sont, le Séjour d'honneur , les Persécutions des Chrétiens t le Chasteau de Labour, etc. Il mourut en i5o2. On reproche a ce saint ëvêque d'avoir été' père de Mellin de Saint-Gelais , eet heureux rival de Marot. Ce reproche lui fait honneur.

48o ÉPIjGKAMMES.

De Moulinet , * de Jehan le Maire , "' et Georges , ' Ceulx de Haynault chantent à pleines gorges : Villon,"^ Crétin, ^ ont Paris décoré :

Les deux Grebans ^ ont le Mans honnoré : Nantes la Brette en Meschinot ^ se baigne :

* Jean du Molinet, né à Divernes , en Picardie , chanoine de Valenciennes , fut très-estime, sur la fin du XVe siècle, à la cour de Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas. Cette princesse le nomma son bibliothe'caire. Il écrivit l'histoire de son teras , et composa divers ouvrages en prose et en vers. Il mourut à Valenciennes, en i5o7.

2 Jean le Maire , né à Bavais, en Hainaut , du tems de Louis XII , poète et historien célèbre. Il s'acquit, par ses Illustrations de la Gaule et Singularités de Troye , une réputation qu'il ne sut pas conserver long-tems. Il essaie , dans ce livre bizarre et surchargé d'érudition , de prouver que les rois de France sont descendus d'un fils de Priam ., Francus , échappé du sac de Troie. Il s'appuie sur quelques passages obscurs des auteurs anciens qu'il détourne en sa faveur , et il mêle tant de fables ridicules à de vagues transitions , qu'on s'est bientôt moqué de l'origine , très-honorable d'ailleurs , qu'il prétend nous donner. C'est Jean le Maire qui apprit à Marot^les premières régies de la versification.

^ Georges Chastelain , gentilhomme, poète et historiographe de Tordre de la Toison d'or.

* Voyez l'Epigramme m du livre IV.

^ Voyez son Épitaphe , page 249 de ce volume.

^ Arnoul Greban , chanoine du Mans , et Simon Greban , secrétaire de Charles d'Anjou, comte du Maine. Ils étaient tous deux de Compiègne , et vivaient vers l'an i45o. Le premier commença la traduction des Actes des Apôtres , qui fut achevée par son frère. Simon Greban traduisit encore un livre intitulé le Cœur de la Philosophie, et il fit l'épitaphe de Charles VII, que Marot a imitée dans la complainte de Florimond Robertet.

' Jean Meschinot, de Nantes, maître d'hôtel d'Anne de Bjeta-

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