‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 304 sur 329 · LIVRE VI. Siy · texte numérisé non relu

LIVRE VI. Siy

Passay à cloz yeulx Sans faire chopade.

La vîste virade,

Pompante pennade ,

Le sault soubzlevant, /

La roide ruade ,

Prompte petarrade

Je mis en avant. *

Escumeur bavant , Au manger sçavant, Au penser tresdoux :

Relevé devant ,

* On découvre beaucoup d'art dans cette strophe ; un cheval impe'tueux y est parfaitement représente'. On le voit bondir , on suit de l'oeil sa course rapide , on entend le bruit de ses pas. Marot e'tait sensible à cette poésie imita tive dont Virgile nous offre de si beaux modèles , et il ne traitait pas de frivolité' un ornement que les plus grands poètes de l'antiquité n'ont jamais négligé d'ajouter à leurs vers.

Pasquier , pour prouver que notre langue n*est pas moins capable que la latine de traits poétiques hardis , oppose cette pièce à ce vers de Virgile , qui nous fait entendre un superbe coursier frappant du pied la terre retentissante :

Quadrupedante putrem sonltu quatit ungula campum.

« Je laisse, dit Pasquier, après avoir cité les trois strophes pré- » cédentes , tous les autres couplets de cette épitaphe pleins d'arti- » fice ; par lequel vous voyez un cheval bondir sur le papier , et >j estre mené à courbettes, tantost au galop, tantost au trot, tout « ainsi que s'il estoit en plein manège , piqué par un escuyer. ». Recherches de la France. Liv. VII. Chap. 9.

5l8 ÉPIGRAMMES.

Jusqu'au bout servant J'ay este sur tous.

Mourant bien secoux Senty par deux coups Mon maistre venir , Et d'un foible poux Disant , Adieu vous , Me prins à hennir.

Sur ce souvenir

Voicy advenir

La mort sans hucher :

Mon œil feit ternir ,

Mon ame finir ,

Mon corps tresbucher.

Mais mon maistre cher N'a permis sécher Mon los, bruict et famé:

Car jadis plus cher M'ayma chevaulcher, Que fille, ne femme.

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