LIVRE VI
Vray est , quand plus n'eust dent en gueule, Qu'elle culeta toute seule.
Mais à fin que le monde veit Son grand sçavoir, elle escrivit Un beau livre de culetage , Pour ceulx qui estoient de grand aage , Et un autre de culetis Pour ceulx qui estoient plus petits.
Ces livres feit en s'esbatant, Et puis mourut en culetant, Encor dit on par grand' merveille Que si on veult mettre l'oreille Contre sa tumbe , et s'arrester, On orra ses os culeter.
DE MARTIN
\jY gist, pour Alix contenter,
Martin, qui souloit plus que dix,
A la rengette culeter ,
Par campagnes, boys et taillis.
Prie Dieu , toy qui cecy lis ,
Mettre l'ame du trespassé
En quelque lieu bien loing d'Alix ,
Affin qu'il repose In pace.
DE MARTIN
Cl Y gist après qui debout et assis
Avoit esté Martin de sens rassis,
Jadis faisant d'honneur et gloire numbre ,
Dont maintenant, qu'en est il rien qu'une umbre,
Son bruict mourut , quand Martin fut occis.
DE MARTIN
C Y gist Martin qui, pour saouler Alix, Tant culeta qu'il en perdit la vie :
Car sans cesser , ou sus bancz ou sus litz Elle voulut en passer son envie.
Il esgouta toute son eau de vie , Puis se' voulut restaurer de coulitz , Mais la vigueur des tourdions jolys Qu'avoit Alix inventez à son aise , Ses roides nerfz rendit tant amollys.
Qu'il fut martyr, dont toy, qui cecy lis, Ya , si tu veulx que ton culeter plaise , Baiser sa tumbe au plus près de Senlis , Alors pourras culeter plus que dix.