‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 36 sur 329 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

RESPONSE AUX VERS ^ AFFICHEZ DANS PARIS, QUAND BEDDA^ FUT FORBANNY VOULANS ESMOUVOIR LE PEUPLE A SEDITION CONTRE LE ROY.

JCjN Teau, en Teau ces folz séditieux Lesquelz en lieu des divines parolles

^ Voici ces vers , dans lesquels respirent la haine des réform-e's , et cet acharnement féroce que Ton retrouve à chaque page de l'histoire de ces malheureux tems. Le fanatisme et la rage les ont dictes; l'ignorance les a écrits :

Au feu , au feu , ceste Keresie

Qui jour et nuict trop nous blesse :

Dois-tu souffrir telle moleste Saincte Escriture et ses Edictz ? Veulx tu bannir science parfaicte Pour soustenir Luthériens mauldictz ?

Crains tu Dieu , qu'il le permette Toy et tes biens qui sont Ueuriz

Face périr ?

Paris, Paris, lleur de noblesse, Soustien la loy de toy qu'on blesse , Ou autrement fouldre et tem peste Cherra sur toy, je t'en advertys :

Prions tous le roy de gloire Qu'il confonde ces hérétiques maulditz Affin qu'il n'en soit plus mémoire

Non plus que des os pouriz.

Au feu , au feu , c'est le repaire Faict en justice , Dieu l'a permys.

Le crime se couvre toujours du nom de Dieu comme d'«n bouclier sacre qui arrête le mépris et la vengeance des hommes. Les mains teintes de sang , marchant sur leurs victimes à de nouveaux homicides , les bourreaux de la St.-Barthelemy associaient la Divinité' à leurs exe'crables forfaits. Ravaillac accusait Dieu d'avoir conduit son bras dans le cœur d'Henri IV. Les monstres de la révolution renversaient les autels, dressaient les e'chafauds, et prononçaient le nom de l'Être suprême.

^ Bedda (Woël), docteur en théologie dans l'université de Paris,

Preschent au peuple un tas de monopolles Pour esmouvoir debalz contentieux.

Le roy leur est un peu trop gratieux : ' Que n'a-il mis à bas ces testes folles En Peau.

Hz ayment vtant les yins délicieux Qu'on peult nommer cabaretz leurs escoUes : Mais refroidir fauldroit leurs chauldes colles Par le rebours de ce qu'ilz ayment mieulx En l'eau.

et principal du collège Montaigu, fut l'esprit le plus factieux du tems de François 1er. H prétendit avoir découvert un grand nombre d'hërësies dans les e'crits d'Érasme , et il dressa plusieurs accusations que celui-ci renversa victorieusement.

Ses factions, ses violentes de'clamations contre les nouvelles doctrines , et ceux qui n'e'taient pas assez ardens à les re'primer, le firent livrer au bras se'culier. Condamne' à une amende honorable, Bedda, à la porte de la cathe'drale de Paris, en présence du peuple assemble', confessa qu'il avait attaque, dans ses discours et dans ses écrits, le roi et la ve'rite' ; ensuite il fut banni de France. Personne ne se montra si zële' perse'cuteur des partisans de Luther. The'odore de Bèze attribue à un jugement de Dieu plutost que des hommes l'arrêt par lequel il fut confiné au Mont-Saint-Michel où il mourut:

' François I"' que la politique seule , comme on le soupçonne , attachait à l'e'glise romaine , avait, jusqu'en i534, protégé ou plutôt toléré les différentes sectes qui se multipliaient de tous côtés. Mais ce monarque obéissait moins à sa conscience qu'à ses intérêts ; les murmures d'une populace fanatique , de sévères réprimandes que la puissance papale rendait redoutables , le forcèrent à combattre ouvertement les nouvelles doctrines; et tandis qu'il entretenait des intelligences secrettes avec les confédérés.de SmalkaJe , et soutenai?;

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