A SA DAME
Une assez suffisante estrene Trouver pour vous je ne sçaurois :
Mais vous pouvez estre certaine Que vous l'auriez quand je l'aurois. , Et lors qu'asseuré je serois D'estre receu selon mon zèle , Moy mesmes je me donnerois , Du tout à vous, ma damoyselle. '
A ANNE. 2
Ce nouvel an pour estrene vous donne Mon cueur blesse dWe nouvelle playe,
^ Diane n'attachait pas , sans doute , un grand prix à ce présent , puisqu'elle n'en fit pas usage. On est rarement bien accueilli quand on ne peut donner que soi-même.
^ C'est Marguerite que le poète célèbre partout sous ce nom. Il avait raison de craindre de re'veiller la jalousie du roi de Navarre î
2l8 ÉTRENNES.
Coïitrainct y suis, Amour ainsi Tordoûne, En qui un cas bien contraire j'essaye : Car ce cueur là , c'est ma richesse vraye , Le demeurant n'est rien, ou je me fonde : Et fault donner le meilleur bien que j'aye, Si j'ay vouloir d'estre riche en ce monde.
AU ROY. '
v> E nouvel an , Françoys , ou grâce abonde . Il m'a ouvert , pour estrener le monde , Dont l'Occident deux ans clos m'a esté : Et pourtant j'ai d'estrener proteste Le monde ouvert , et mon roy valeureux. Je donne au roy ce monde plantureux :
Je donne au monde un tel prince d'eslite , Affm que l'un vive en paix bienheureux , Et que l'autre ait l'estrene qu'il mérite.
* Lenglet Dufresnoy se trompe en disant que les Étrennes qui suivent, jusqu'à la xlvi inclusivement , parurent au commencement de Vannée i537 , peu de mois après le rappel de Marot. Nous pensons qu'elles furent composées en i538; en voici la preuve : l'Étrenne viii est adresse'e à la duchesse de Nevers , et c'est au mois de janvier i538 que le comté de Nevers fut érigé en duché par François 1er. Jacqueline Longw^ic , qui épousa le duc de Montpensier dans les premiers jours de la même année , est désignée , dans l'étrenne ix , par le nom de madame de Montpensier.