‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 10 sur 164 · Livre premier. jj · texte numérisé non relu

Livre premier. jj

Le peuple rude et fascheux à donter, Chaud à la guerre et ardant à la proye, Pour y fonder une nouvelle Troye.

Pource desloge et le fais en-aller :

Le temps perdu ne se peut r'appeller. »

A peine eut dit, que Mercure s appreste; Sa capeline affubla sur sa teste, De talonniers ses talons assortit , D'un mandillon son espaule vestit, A frange d'or, a mi-jambe escoulée, Prit sa houssine à deuxserpens ailée; Puis se plongeant de son long en avant. Dedans la nue, à l'abandon du vent, Fendoit le ciel, ores planant des œsles, Ores hachant coup sur coup des aisselles, Ores à pointe et ores d'un long tour, Environnoit le ciel tout à l'entour; Ainsy qu'on voit aux rives du Méandre L'oiseau de proye entre les airs se pendre. Puis s'eslancer à pointes de roideur Sur les canards hérissez de froideur, Tremblants de voir le gerfaut qui ombrage (a) D'un corps plumeux tout le haut du rivage.

Après qu'il eut de ciel en ciel volé, Finalement de son talon ailé Se vint planter au bord d'une vallée

a. Var,

Puis à chef bas enfonçant sa volée, Ores àpoincte, ores d'un grand contour, Hachoit menu tout le ciel d'alentour ; Ainsi qu'on voit sur les bords de Méandre L'aigle {\) foudrier du haut de l'air se pendre, Puis , advisant sa proye entre les joncs , Canars , hérons et cygnes, aux cols longs, Rode à l'entour, et, tournoyant, ombrage....

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