‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 117 sur 223 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

LE HOUS.

A JEAN B R I N 0 N , Conseiller en Parlement.

Les uns chanteront le fresne Bon à la guerre, ou le chesne Qui fut jadis es forests Le vieil oracle des Grecs; Les autres l'olive pale, Ou le laurier cjui s'égale, Maugré le froid Aquilon, Aux beaux cheveux d'Apollon ; Les autres la palme heureuse, Les uns la fueille amoureuse Du myrte, qui doit un jour M'eternizer par l'amour Que la Cyprine m'inspire; Mais moy, sans plus je veux dire En ces vers, d'un style dous, Le nouueau blason d'un Hous; Non de ces Hous solitaires Batus des vents ordinaires Sur les monts Caucaseans, Ou sur les monts Ripheans, Ou sur la rive Scythique; Mais bien un Hous domestique, Qui pare en toute saison Le jardin et la maison De Brinon, qui dés enfance Mena les Muses en France,

1 82 Les Poèmes.

Et les osant devancer, Premier les mena dancer.

Mais en chose si petite Il ne faut pas que j'invite Les Muses; à ceste fois, Vous, Nymphes, l'honneur des bois, Sans autre force plus grande Direz ce que je demande.

Le Hous une Nymphe estoit, Qui par les forests portoit L'arc de Diane pucelle; Et l'eust-on prise pour elle, Sinon qu'elle n'avoit pas Ny les brodequins si bas, Ny semblable souquenie; Car l'une ondoyoit garnie De franges d'or recamé, Et l'autre de fil tramé, Au reste en beauté pareilles.

Sur les espaules vermeilles Ores son cheveu mouvant Servoit de jouet au vent r Aise d'empestrer ses ailes Dedans des tresses si belles), Ores en mille plis joint Au costé n'empeschoit point D'une flotante secousse Ny sa trompe, ny sa trousse.

Il faisoit chaud, et Phœbus De ses rayons plus aigus Recuisoit jusqu'à la lie Des ondes l'humeur tarie, Quand le Hous pour éviter L'ardent Chien de Jupiter, Se cacha dedans un antre Où jamais le soleil n'entre.

Devant cet antre pendoit Un vieil cep, qui espandoit

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