Livre second. 24s
Laquelle n'oubliant sa naissance première, Hante encor aujourd'huy la rive fontainiere, Et tousjours prés des eaux apparoist au printemps, Mais non plus que son maistre en fleur ne vit longtemps.^; [J'ay chanté, Charbonnier, dessus les bords de Seine En ton los ce Narssis, son ombre et sa fontaine, Comme pour Pavant-jeu de plus haute chanson Que desja je t'appreste et à ton d'Avanson, Ains au mien d'Avanson, à qui ma poésie Doit la plus grande part, s'elle vit de sa vie; Car luy sage et courtois assez longtemps davant Que ma barque eust trouvé en ma faveur le vent, Avecques L'Hospital me donna bon courage A grands coups d'aviron ramer contre l'orage Et de gaigner le port, où maintenant sauvé Tout au plus haut du mast je leur pends eslevé Un vœu que je leur fis : ma robe despouillée, Des flots de la tempeste encor toute mouillée.] (*)
a. var. :
Que le vent qui tout soufle abat en peu de temps.
1 . Ces quatorze derniers vers, supprimés dans toutes les autres éditions, ont été remplacés dans celle de 1 5 84 par les vers suivants :
Aux arbres la nature a permis longue vie :
Ceste fleur du matin ou du soir est ravie.
Ainsi l'ordre le veut et la nécessité,
Qui dés le premier jour de la nativité
Allonge ou raccourcit nos fuseaux, et nous donne,
Non ce que nous voulons, mais cela qu'elle ordonne.
246 Les Poèmes.