Livre second
Douleurs, tristesses, soins, tourmens, peines et maux;
Il faut baisser le doz et porter la fortune
Qui vient dés la naissance à tous hommes commune;
Ce que facilement patient tu feras,
Quand quelquefois le jour en ton cœur penseras
Que tu n'es qu'un pur homme, et qu'on ne voit au
CHose qui plus que l'homme en misères abonde, [monde
Qui plus soudain s'esleve, et qui plus soudain soit
Tombé quand il est haut; et certes à bon droit,
Car il n'a point de force, et si tousjours demande
D'attenter plus que luy quelque entreprise grande.
Ce que tu quiers du Roy, Magny , n'est pas grand cas, Et de l'avoir bientost encore tu n'as pas Encor perdu l'espoir ; pource pren bon courage : Tu n'as garde de fondre au milieu de l'orage, Puis que tu as en lieu du bel astre besson (*) Des Spartains, la faveur de ton grand d'Avanson, Qui ja pousse ta nef sur la rive déserte, Pour y payer tes vœux à Glauque et Melicerte. (*)