‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 21 sur 223 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Et quand tout forcené contre l'honneur de France, Les guidoit, furieux, en plus grande abondance Que les vents empennez de rouez tourbillons, Poussez du foudre aigu ne courbent de sillons, Les uns bossus devant et les autres derriere; Au giron de Tethys, la vieille marinière.

Et quand luy, mal suyvi de tant de gonffanons, Fit braquer tout d'un rang cent pièces de canons Sur le bord du fossé, qui de gorges béantes Vomissoient à la fois cent balotes tonnantes Contre Mets esbranlé, et d'un hurter plus dur Qu'un esclat foudroyant esbrecherent son mur, D autant d'espace ouvert que l'on voit d'ouverture Dans les champs porte-blez, quand la faucille dure A rongé les tuyaux, et que le moissonneur Ne laisse un seul espy pour la main du glaneur.

Et quand ja les tortis des serpentes tranchées Furent gros de soldars et de picques couchées Du long contre leur flanc, prests à donner l'assaut. Lors ton frère de Guise eslancé d'un plein saut Sur le rempart cogneu, plein d'effroyable audace Défiant leurs canons, s'arma devant leur face. Il prit ses beaux cuissots et ses grèves encor, Grèves faictes d'argent et jointes à doux d'or. D'or les boucles estoient, où sourdoient eslevées Mille croisettes d'or(') au burin engravées; Sur le ply du genou erroit un grand serpent Qui des tortis brisez de son ventre rampant Faisoit le mouvement de ceste genouliere, Le bordant de la queue en lieu de cordelière.

Il a d'un corselet son corps environné De fils d'or et d'argent par sillons rayonné C2) Opposez l'un à l'autre, et dedans ceste armeure Vivoit (miracle grand) une riche engraveure.

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