‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 23 sur 223 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Ceux de Tyr et Sidon, et là ce Godefroy De toute la Judée estoit peint comme Roy.

Puis il saisit après sa merveilleuse targe Forte, massive, dure, en rondeur aussi large Qu'est un soleil couchant, où du fils d'Aristor(l) Estoient gravez les yeux en cent estoilles d'or.

Deux couleuvres d'acier dos à dos tortillées Trainant dedans le fer leurs traces escaillées, Couroient le long du bord, qui d'un col replié Ressembloient de couleur à cest arc varié Que Jupiter attache au milieu des nuages En voûte, pour servir aux hommes de présages.

Du milieu de l'escu Gorgone s'eslevoit Borgnoyant renfrongné', qui trois testes avoit Naissantes d'un seul col, et de chacune teste Grongnante vomissoit la foudre et la tempeste.

Là, comme Roy de Naple, estoit emburiné Charles, comte du Maine, et le bon Roy René, C) Et tous les vieux combats que la maison Lorraine A faits sur le tombeau de l'antique Seraine.

Après il s'affubla d'un morion brillant Comme un long trac de feu, qui des champs va pillant Les espics déjà meurs, lors que parmy les plaines Des laboureurs fraudez le ciel gaste les peines.

Haletant dans l'acier, Antée (3) fut empreint Sur le haut de la creste, horriblement estreint Des bras courbez d'Hercule, et luy qui se travaille D'eschapper hors du ply de si dure tenaille, Enfle ses nerfs en vain, et tout accravanté Encor sur un genouil foible se tient planté; Puis tout à coup il tombe, et de sa gueule bée Desgorge un panonceau. Puis il print son espée Au flambant émery. Le fourreau fut d'un os

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