‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 3 sur 223 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

ncores que la mer de bien ioin nous sépare, Si est-ce que Pesclair de vostre beau soleil, De vostre œil qui n'a point au mondede pareil, Jamais loin de mon cœur par le temps nes'é- Royne (''), qui enfermez une Royne si rare, [gare. Adoucissez votre ire et changez de conseil ;

1. La plus belle Princesse qui fust jamais, Marie Stuart,vefve de François II et mère de Jacques, Roy de la grande Bretaigne. Elle cherissoit grandement nostre poëte, et l'estimoit comme elle le tesmoigna bien par le buffet de vaisselle d'argent, de la valeur de deux mille escus, qu'elle luy envoya, avec cette inscription : A Ronsard, l'Apollon des François.

2. Elisabeth, Royne d'Angleterre, qui la detenoit en ce temps-là prisonnière.

io Les Poèmes.

Le soleil se levant et allant au sommeil

Ne voit point en la terre un acte si barbare.

Peuples, vous forlignez, aux armes nonchalants, De vos ayeux Renaulds, Lancelots et Rolands, (') Qui prenoient çl'un grand cœur pour les dames querelle.

Les gardoient, les sauvoient, où vous n'avez, Fran- Encore osé toucher ny vestir le harnois [çois.

Pour oster de servage une Royne si belle.

REGRET

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