‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 34 sur 223 · Medée, qui deschira son frère et ses propres enfans · texte numérisé non relu

Medée, qui deschira son frère et ses propres enfans

46 Les Poèmes.

Leurs pauvres Sœurs, les filles que Mémoire Luy enfanta pour célébrer sa gloire.

Car pour-neant le poëte sacré Chante ses vers, s'ils ne viennent à gré Aux Roys sceptrez, en qui git la tutelle Des doctes Sœurs et toute leur séquelle.

Pource à bon droit nos vieux prédécesseurs Logeoient Hercule au temple des neuf Sœurs, Pour demonstrer que leur puissance est morte, Si quelque héros ne leur tient la main forte, Et que les vers demeurent desprisez, Si d'un grand Roy ne sont favorisez.

Aussi le Roy, quelque chose qu'il face, Meurt sans honneur, s'il n'acheté la grâce, Par maints présents, d'un poëte sçavant Qui du tombeau le déterre vivant, Et fait tousjours d'une plume animée Voler par tout sa vive renommée.

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