‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 110 sur 163 · A ESTIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

A ESTIENNE PASQUIER

Ode XXIX (0-

Tu me fais mourir de me dire Qu'il ne faut sinon qu'une lyre Pour m'amuser, et que tousjours Je ne veux chanter que d'amours.

Tu dis vray, je te le confesse; Mais il ne plaist à la déesse Qui mesle un plaisir d'un souci Que je vive autrement qu'ainsi.

Car quand Amour un coup enflame De son feu quelque gentille ame , Impossible est de l'oublier, Ny de ses rets se deslier.

Mais toy, Pasquier (2), en qui Minerve

i. Imité d'Horace. (R.)

2. Advocat gênerai de la Chambre des Comptes, à Paris, auquel on ne peut rendre plus de tesmoignage que lui en rendent ses propres œuvres , et nostre poète en cet endroit , qui a vrayement touché son naturel. (R.)

Ronsard. — II. 19

290 Odes.

A tant mis de biens en reserve, Qui as l'esprit ardent et vif, Et nay pour n'estre point oisif;

Elevé au ciel par ton histoire De nos rois les faits et la gloire, Et pren sous ta diserte voix La charge des honneurs françois ;

Et désormais vivre me laisse Sans gloire au sein de ma maistresse.

Et parmy ses ris et ses jeux Laisse grisonner mes cheveux.

Ode XXX (5).

Celuy qui n'ayme est malheureux Et malheureux est l'amoureux; Mais la misère la plus grande, C'est quand l'amant (après avoir En bien servant fait son devoir) Ne peut avoir ce qu'il demande.

La race en amours ne sert rien , Ne beauté, grâce ne maintien; Sans honneur la Muse gist morte; Les amoureuses du jourd'huy En se vendant ayment celuy Qui le plus d'argent leur apporte.

Puisse mourir meschantement Qui l'or ayma premièrement!

Par luy le frère n'est pas frère, Par luy le père n'est pas seur, Par luy la sœur n'est pas la sœur, Et la mère n'est pas la mère.

Par luy la guerre et le discord ,

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