‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 38 sur 163 · I. Ceste chienne. (R · texte numérisé non relu

I. Ceste chienne. (R

Premier livre. 95

Epode.

Faisant parler sa grandeur Aux sept langues de ma lyre, De luy je ne veux rien dire Dont je puisse estre menteur; Mais véritable il me plaist De chanter bien haut qu'il est L'ornement de nostre France , Et qu'en fidèle équité, En justice et venté, Les vieux siècles il devance.

Strophe XXI II.

C'est luy dont les grâces infuses Ont ramené par l'univers Le chœur des Piérides Muses, Faites illustres par ses vers(i); Par luy leurs honneurs s'embellissent, Soit d'escrits rampants à deux piez, Ou soit par des nombres qui glissent De pas tous francs et déliez; C'est luy qui honore et qui prise Ceux qui font l'amour aux neuf Sœurs, Et qui estime leurs douceurs, Et qui anime leur emprise.

Antistrophe.

C'est luy, Chanson , que tu révères Comme l'honneur de nostre ciel,

I . Illustres à la vérité ; car les six livres de ses Epistres que nous avons sont excellens , et ont , outre la douceur et l'elegante simplicité de vers , une plénitude d'érudition et de philosophie morale, tesmoins de la doae et sainte prud'hommie de leur autheur. (R.)

96 Odes.

C'est celuy qui aux loix sévères A fait gouster l'attique miel; C'est luy qui la saincte balance Cognoist, et qui ne bas ne haut, Juste, son poids douteux n'eslance, La tenant aroite comme il faut; C'est luy dont l'œil non variable Note les meschans et les bons.

Et qui contre le heurt des dons(i) Oppose son cœur imployable.

Epode.

J'avise, au bruit de ces mots, Toute France qui regarde Mon trait, qui droitement darde Le riche but de son los.

Je trahirois les vertus, Et les hommes revestus De vertueuses louanges, Sans publier leur renom.

Et sans envoyer leur nom Jusques aux terres estranges.

Strophe XX ly.

L'un d'une chose esbat sa vie , L'autre d'une autre est surmonté; Mais ton ame n'est point ravie Sinon de justice et bonté.

Pour cela nostre Marguerite (2), L'unique sœur de ce grand roy.

De loin espiant ton mérite.

Bonne, a tiré le bon à soy.

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