Fleuve de Laconie
A. Pluton.
J24 Odes.
Le tribut (i) qu'à tous il demande.
Par toy le doux enchantement Sait arrêter soudainement Le corps de l'homme qui dévie (a) ; Par toy le médecin expert, Ayant invoqué ton nom , pert Le mal, larron de nostre vie.
Fils de Latone, escoute-moy, Vien , et apporte avecque toy Le moly et la [lanacée, Et l'herbe que Medée avoit Quant reverdir elle devoit D'Eson la jeunesse passée ;
[Et celle qui boutonne aussi Sur le plus haut du froid sourcy Du Caucase , étant enfantée Du poumon toujours s'allongeant Que l'aigle éternel va rongeant, Cruel bourreau de Prométhée ;]
Et l'herbe forte qui changea Glauque si tost qu'il la mangea, Le faisant immortel d'un homme , Qui, par la mer, entre les Dieux, Ne craint que le temps odieux Le nombre de ses ans consomme.
Brise-les du bout de ton arc, Puis, d'elles pressurant le marc, Fais un breuvage et le luy baille, Ou bien les applique à ses bras.
Et lors, ô Pean, tu rompras Le mal qui deux âmes travaille.
Déjà son beau coral s'esteint ,