I. Imitation d'une ode d'Korace. iR
Ronsard. — II.
210 Odes.
Ny tout le feu cjue rote en haut La fournaise sicilienne.
Le jour les soucis presidans Condamnent ma coulpe au dedans Et la genne après on me donne; La peur sans intermission, Sergent de leur commission , Me poind, me pique et m'aiguillonne.
La nuict les fantômes volans , Ciaquetant leurs becs violants Et sifflant , mon ame espouvantent ; Et les Furies, qui ont soing Venger le mal , tiennent au poing Les couleuvres qui me tourmentent.
Il me semble que je te voy Murmurer des charmes sur moy.
Tant que d'effroy le poil me dresse; Puis mon chef tu vas relavant D'une eau puisée bien avant Dedans le fleuve de tristesse.
Que veux-tu plus ? di , que veux-tu ?
Ne m'as-tu pas assez batu?
Veux-tu qu'en cest âge je meure ?
Me veux-tu brusler, foudroyer, Et tellement me poudroyer Qu'un seul osset ne me demeure .'*
Je suis appresté, si tu veux.
De te sacrifier cent bœufs , Afin de des-enfler ton ire ; Ou, si tu veux, avec les dieux Je t'envoiray là haut aux cieux Par le son menteur de ma lyre.
Les frères d'Helene, faschez Pour les ïambes delaschez Contre leur sœur par Stesichore , A la fin luy ont pardonné.
Et, pleins de pitié, redonné L'usage de la veue encore.
Troisiesme Livre. 21 1
Tu peux, helas ! Denise, aussi
Rompre la teste à mon souci , Te fléchissant par ma prière; Rechante tes vers (!), et les traits De ma face en cire pourtraits '^) Jette au vent (?) trois fois par'derriere. L'ardeur du courroux que l'on sent Au premier âge adolescent Me fit trop mcement t'escrire , Maintenant, humble et repentant, P'œil non feint je vay lamentant La juste fureur de ton ire.
mo'y ^/")"^"^''^ "^^^^'^ ^" ^h^^es que tu as faits contre 2. C'estoit une meschanceté de la magie, tellement effi- -onnc'H'P-''''',f ^^ "î"/' ^".sorcières perçans et penetrans à LOups d aiguilles et de canivets ces images de cire le sentiment et le mal en passoit aux personnes contre lesquelles elles estoient faites. Voire que, si quelquefois seulement elles pouvoient avoir ou recouvrer la coque d'une noix ou d'un œuf que celuy qu'elles devouoient eust mangé, eUes s'en ser;-oient a mesme effet ; et c'est pourquoy les anciens, s'en donnans garde, rompoient les coquilles des œufs qu'ils mangeoient, pour prévenir le charme. Nostre histoire fait mention d une image de cire de Louys Hutin qui fut trouvée entre.es mains d une sorcière, laquelle, selon qu'elle le fondoit au feu, affoibhssoit et diminuoit d'autant les forces du corps de ce pnnce. ; R.) 3. Ou dans l'eau, par une superstition magique. (R.)
212 Odes.