I.KI.I I
Le trait est admirable! Et comment donc le vôtre?
1,ÉAM)KE.
Sans doute.*
M A s C A K 1 L L !• , bas à Lélie.
Doucement.
LKLIE.
Hem! que veux-tu conter?
MASCARILLE, à part.
Ah! le double bourreau, qui me va tout gâtei,
Et (|ui ne comprend rien, quelque signe qu'on donne!
LÉLIE
Vous rêvez bien , Léandre, et me la baillez bomie. 11 n'est pas mon valet?
LÉANDRE
Pour quelque mal commis,
' VAR. LKLlE.
Le Irait est admirable! Et comment donc le vôtre? Sans doute
M ASC Al! II, LE, lJ,^^ à L.'Ue.
Doucement , etc.
Tt.-1 est le texte que fournissent les éditions de lOU.'J, de 1073 et de 1U8'2; la correction qui attribue à Léandre le mot sans doute ne se trouve pour la première fois que dans l'édition de 1734. Ojnime elle est indiquée par le sens même et par la suite du dialogue, nous l'avons adoptée. On ne doit i)as pousser le scruj)ule jusqu'à respecter, en reproduisant un texte, les fautes d'impression flagrantes (jui s"y trouvent.
1. C'est un droit que les maîtres prétendoient alors a\oir sur leurs serviteurs et que ceux-ci ne contestoient même pas.
ACTK III, SCKNK IV. 81
Hors de votre service il iia i)as été mis?
Je ne sais ce que c'est.
LKAMJKE.
Et, plein de violence, Vous n'avez pas chargé son dos avec outrance?
LÉ LIE
Point du tout. Moi, l'avoir chassé, roué de coups! Vous vous moquez de moi, Léandre, ou lui de vous.'
MASCARILLE, à part.
Pousse, pousse, bourreau; tu fais bien tes alfaires.
LEANDRE, à Mascarille.
Donc les coups de bâton ne sont qu'imaginaires?
MASCARILLE
Il ne sait ce qu'il dit; sa mémoire...
LÉAJNDRE,
Non, non 1 Tous ces signes pour toi ne disent rien de bon. Oui, d'un tour délicat mon esprit te soupçonne; Vlais pour l'invention, va, je te le pardonne.*
" Var. Mais pour l'invention , va, je te la pardonne (1G82).
1. On a dit que dans tout ce que fait là le personnage de Lélie, il n'y avoit rien de l'étourdi ni de l'éventé. Son caractère ne se marque point tant, en effet, dans les sentiments auxquels il se laisse aller d'abord, que dans la persistance qu'il met à suivre cette voie où il est entré; et à l'endroit où nous sommes parvenus , sa franchise est certainement inconsidérée et irréfléchie. L'espèce d'aveuglement qu'il porte dans une conduite d'ailleurs trèsjustifiable, c'est là le trait qui accuse sa physionomie. Certains critiques s'imaginent sans doute que lorsqu'on met à la scène un type comme celui de l'Étourdi, l'auteur est obligé de lui faire commettre coup sur coup des étourderies bien et dûment caractérisées, dèpnis le commencement de la pièce jusqu'à la fin. Cela n'auroit plus rien d'humain et auroit l'air d'une gageure. Ce qui est choquant dans la plupart des commentateurs de Molière, c'est le grand nombre d'impertinences dont ils se rendent coupables. Nous
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C'est bien assez pour moi qu'il m'a désabusé,* De voir par quels motifs tu m'avois imposé. Va que in'étant couunis à ton zèle hypocrite, A si bon compte encor je m'en sois trouvé quitte. Ceci doit s'appeler un arts ait lecteur. Adieu, Lélie, adieu; très-humble serviteur.