‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 213 sur 356 · Â LÀ REQUÊTE DES CHEVALIERS · texte numérisé non relu

 LÀ REQUÊTE DES CHEVALIERS

(Tirée de la Fie du Saint» pùg» 2250

4 . Le prévôt de Sales proteste n'avoir et ne prétenJre aucun droit sur les biens mentionnés en la requête, et par conséquent ne vouloir en aucune façon se porter pour partie contre les supplians.

2. Le bref rapporté par lui du Saint- Siège a été demandé , accordé , et obtenu pour le service de Dieu , de l'Église et de son altesse à laquelle il appartientde le soutenir, et non à lui, qui , comme simple serviteur , le porte et le produit , et qui n*a en cette affaire d'autre intérêt quePintérêt général de Tavancement du royaumede Dieu.

3. Néanmoins , s'il plait à son altesse que lui , prévôt , en qualité de serviteur , rende raison de la volonté du pape , portée par le bref obtenu , il dira que le bref de notre Saint Père Clément VIII est en conformité de celui de Grégoire XIII allégué par les supplians , dans lequel le ^éme pape, prévoyant le cas heureusement arrivé dans nos jours , donne , sous Tautorité de son altesse , les bénéfices des bailliages aux ordres militaires, comme inutiles alors pour leur usage naturel , qui étoit «indubitablement Tenlretien des gens d'église , et les donne sous cette condition : De sorte toutefois qu*au8silôt que les habilans de ces lieux viendront à recevoir la lumière de la foi par la miséricorde du Seigneur , en quelque lieu que cela arrive, les ordinaires des lieux auxquels ils seront sujets institueront des églises paroissiales , et d'autres lieux ecclésiastiques propres aux fondions de la charge des âmes , en nombre juste et compétent , avec une dot suffisante prise sur les propriétés des mêmes biens , et qu'il leur sera pourvu par les mêmes ordinaires de recteurs et pasteurs capables , selon la disposition du concile de Ttcente et des autres réglemens canoniques , etc. , lesquelles conditions sont ap* posées en^ faveur de notre cause.

i. Et quand cette condition ne seroit point apposée au bref de Grégoire XIII, le pape d'aujourd'hui, qui peut disposer ab-. solument de cette affaire , le feiten foveifr^ des peuples et de Pavancement de la nli* gion chrétienne ', cooime il appert par son bref (4).

5. Ce bref néanmoins ne préjudicie pas plus aux chevaliers que la condition inù^rée dans celui de Grégoire , dont il n*est qu'une déclaration pour lever tous les sa* jets de doute.

6. Car ce qu'il semble que les chevalieri trouvent de dur en ce bref postérieur , est en premier lieu que leur ordre est spolié de toutes sortes de bénéfices. Mais la condi* tion dit indistinctement : des propriétés des susdits biens; et le concile de Trente, par le droit même , donne pouvoir d'assigner les portions congrues sur tous les bénéfices.

En second lieu, ils ajoutent dans leur requête, et se plaignent que cela se fait sous prétexte d'entretien des prêtres. Ce n'est point du tout un simple prétexta, mais une pure et sainte réalité , à laquelle non-seulement Clément , mais encore Gr^ goire pourvoit par la condition.

En troisième lieu , ils ont de la peine que la détermination de l'entretien soit remise à l'évéque: mais, et le concile de Trente expressément, et la condition de Grégoire remettent tout cela À la connoissance des évêques.

En quatrième lieu, ils ajoutent, du nom* bre des personnes nécessaires , voulant que cela se fasse selon le nombre qui fut déte^ miné lorsque son altesse étoit à Thonon. Muis on ne le passe pas ; à peine ce nom* bre suûira-t-il ; et si l'expérience a\t)it montré qu'il fallût davantage , faudruit-il rempèclier? Toutes les choses ne s'ar"

(1) Selon 161 termet de leurs requêtes , ieewkénm ttUlH •uppliêiê 9êréë. Aaf» <• Ulm, >••. ftli Se latiA.

DE S. FftAll^dtS t/t SALES.

rmgem pâi i*um eovp(1). On avoitmôme réduit les prêtres à un moindre nonnbre , aGn que, s'il étoit pos-^ible , il restât quelque chose pour faire réUnblir les églises ruinocs, pour fuiro des ornemens; et le peuple s't^tant accru , on pensoit aussi à multiplier les curés et vicaires.

En cinquième lieu , ils sont fâchés que le bref ait été accordé sans que leur ordre ait été entendu. Mais la condition ^pporéo par Gré<;oire, à laquelle ils ont consenti , les délivroit de cette peine. Et quelle raison poHvoient-ils apporter pour empêcher Toffct de ce bref? Certes ce ne pourroît être qu*une rai<^n de fuit ou de droit. Par rapport au droit , il n'y en a pas d*autre que la production du bref de Grégoire : or le pape Clément Tinsèrc presque tout entier dans lo sien : il n*ignoroit rien de tout ce qu'il contient, ayant procédé avec une science certaine. A Tégard du fait, il auauroit fallu pouvoir nier la conversion do ces peuples; mais c«la éloit impossible ; ils ne font pas difficulté de V avouer dans leur requête (2). Et quand il n'y auroit eu dans chaque paroi-^sc que dix personnes de converties , le pape auroit toujours fait ses dispositions en leur faveur, comme il Fa fait.

7. Mais les chevaliers allèguent deux raisons: l'une est la crainte des abus dans Texécution du bref. A quoi on répond qu'on ne leur ôtera pas la fiiculté de s'en plaindre , sans qu'il soit nécessaire de retarder le cours d'une exécution si nécessaire.

8. En second lieu , ils craignent pour le droit de nomination : mais les curés no seront-ils pas les serviteurs et les siïjets de aon altesse ? Et d'ailleurs la momdro amo,

(1) HMdqaiinnma omnlt Mblto tccomaottaitar. Atf. (t) Ultra M IP«1 In HMIo rappllcl ftlralar. Par- ItT.

la moindre meaae Tant pti» qtie tmitet let nominations pour la conservation de son altesse ; si Von peut appeler moindre des choses d'une telle cotTséquence , et le plus grand de tous les sacrifices (1). Au reste, c'est un ordre du concile de prendre lea portions congrues sur tous les bénéfices.

9. Quant aux revenus , il n'y en a pas assez pour faire ce qu'il faudroit.

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