DE GUST
n ftnvlM A bien examiner son cœur ear laf^mietâ de son dessein ; Il la prie, en cas de changement , d'avertir lui e( ses chères filles spirituelles qu'elle ne se sent pas assez de force pourenlreprendre une si grande ehoset
Aaoecy, la t mal 1610.
Madame, à ce passage de M. le baron , j'ai su avec combien d'arliOce le monde s'éloit (pssayô d'ébranler votre résolution touchant voire retraite, et ai loué notre Seigneur de ce que vous aviez conservé votre fermeté jusques à présent.
Néanmoins , maintenant que nous sommes , ce me semble, à la veille d'une si
1) Ce fat en eatta annéa ^tte aa fli rétablUaameAt de rofdra de la VUiutioo.
(t) Qui manet in me. et efo In eo, h\e fart Itoctim HDltam ; quia tiua ma uthll poiastii facare. Joam/ c. STi ▼. s.
(8) C«t(« dame, après la mort dé ion mari. t»rlt le déf« aala d'aulrar daat la caatréaaUon de la Tltltation ; mais aBa aoft à •mnjt blaa des eonlrariéléa a oat éfaid , al M aUcciplI A iiitliUr M fAloniUoiL
sainte entreprise) il fiiui qvm Je rmm pu ouvertement , et que je vous oonjuré < bien éprouver votre cœur, pour recontloll si vous avez assez d'aflection, de forw de courage pour embrasser ainsi absol ment Jésus-Christ crucifié, et dentier ail les derniers adieux â ce misérable itMMMi Car, voyez-vous, madame, il est requis 4 vous ayez une ame vaillante et géoéreu pour entrer en ce dessein, afin que vous r sistiez aux suggestions que la folle sagel du monde vous fera.
Il est vrai que si vous entreprenez ciet œuvre simplement pour Dieu et pour vol salut, vous y aurez tant de oonsolatioti qi personne ne vous en saurait détourner \ • la bonne compagnie en laquelle vous sen ne contribuera pas peu à vous bien établi
Mais il ne faut f^s pour cela que Voi laissiez de bien établir votre courage aVai que de venir : que si vous le trouves b€ et ferme, venez donc hardiment au nom d Dieu , lequel, s'étant rendu l'auteur et prc tecteur de ce projet (4), le favorisera d plus en plus de ses bénédictions, et vous donnera mille consolations que le monde il peut savoir.
Si au contraire (ce que Dieu ne veuille! vous ne vous sentiez assez forte pour es trer en ce chemin , il seroit bien bon d nous en avertir, afin que les autres com mençassent selon leurs invariables désin et vous, madame, pensassiez à prendr quelque route de vie plus à votre gré.
Pour moi, j'ai tellement cette sainte al faire en recommandation, que je me ses tirai bien heureux de pouvoir m'employi à son avancement, et y servirai constan ment, joyeusement, et, Dieu aidant, utile ment; mais avec tant d'affection, que rie ne m*en sauroit détourner, sinon la voient divine, laquelle, peut-être pour mes péchéf ne me trouvera pas digne de faire ce ser vice à sa gloire. J'espère en elle que voir esprit accroîtra de bien en mieux ; et , i suppliant qu'elle vous console et préparc jo demeurerai , madame, votre, etc.
(1) L'éubliMemaot de la coofrifaiioB da la VliUatii
de Salnte-Uario.
DE S. FRAlfÇOIB 0B SALES.
LBITRB GLXXVn.
s. FftANÇOIS DB SALES, A MADAMB DB GHANTAL.
11 M félicite aTM elle da choix qae Dieu avoit
Ciil «feoz poar l'établissement de la congre-
fiUioa de la Visitation. Reconnaissance qu'il
en a.
> mal 1610.
Ma chère fiUe, il faut dire que noire congrégation me soit à cœur, puisquoj'y songe contre ma coutume , et la trouve comme une idée à mon réveiié Dieu y veuille mettre sa bonne et puissante main !
0 ma fille I que je fus consolé hier sur le sujet de la mort et sépulture du Sauveur ! caries paroles d*lsaïe qu'on lisoit à la messe pour la fête du saint Suaire étoient extatiques. 0 Dieu I si ce Sauveur a tant fait pour nous, que ne ferons-nous pas pour lui 1 s'il a exhalé sa vie pour nous, pourquoi ne réduirons-nous pas toute la nôtre à son service et plus pur amour? EnHn , je m'imagine que notre Seigneur plantera cette plante, Tarrosera de ses bénédictions, et la fera fructifier en sanctification.
Certes, l'autre jour, en recommandant ce projet à la divine majesté, je me confondois extrêmement de quoi elle se servoit pour cela do mon cœur et du vôtre, je veux dire de notre cœur : car , bien que la raison ne le veuille pas, si est -ce que je no sais séparer ce cœur, ni en me réjouissant , ni en me confondant. Nous serons trop heureux de rendre ce service à sa bonté céleste«
Dieu soit votre Dieu, ma chère ûlle. Dieu loit votre Dieu ; et votre cœur, que vous hi aves drossé , soit sa maison et son autel , sur lequel nuit et jour il fasse ardre et hiire le feu de son saint amour 1 0 Dieu 1 qui nous fora la grâce do nous combler de charité ? Recommandez-moi à votre abbesse(4).
LETTRE CLXXVni.
s. FBANÇOIS DE SALES , A VS PÈaE DB LA COMPAGNIE DE JESUS.
nioiracontedequeUemaniére acommencé l'ordre de la Visitation . contre -temps qu'il eut à essuyer à la veille de son établissement; il lui parle de son esprit et de quelques-unes de ses
réf les prineipales.
Anoec j, U mil 1610.
Mon révérend père , L'inviolable affection que J'ai vouée à
(1) UmUiio vierge»
tûtfe compagnie , et l'honneur particulier que je dois à votre personne, me fera satisfaire à votre pieux désir, non-seulement sans peine , mais avec suavité.
Sachez donc que quelques âmes dévotes me proposèrent , il y a un an , l'établissement d'une religion do filles , aveo offlre d'une bonne somme d'argent pour faire le bâtiment ; et moi , sachant combien de filles désiroient la retraite du monde , qui ne la pouvoient trouver es J^ligiolis déjà établies, j'acceptai l'offre , et promis toute mon assistance pour ce projet.
Monsieur le baron de N. , qui m'avoit apporté l'ambassade , acheta une {yetile maison au faubourg , en lieu eXtrémemetlt propre à bien bâtir et commencer à dresser ce petit édifice; en sorte qu*en peu de temps il le rendit commode pour loger une douzaine de personnes ^ aveo l'ornement d'un petit oratoire , afin que ()ello qui se* roit si heureuse de vouloir servir d'exemple aux autres, se puisse retirer et commencer à faire essai du dessein.
Tôt après, voici que l'on me fit entendre qu'il n'y avoit que la moitié des moyens qu'on avoit proposés , et depuis quelque temps en çà on mit en doute beaucoup de commodités temporelles qui dévoient arriver avec une personne , laquelle avoit premièrement avec ardeur entrepris devenir, et puis s'étoit tout à coup refroidie.
Parmi tout cela , il me fallut surseoir le dessein d'ériger un monastère formé : et néanmoins , pour donner lieu à une trèshonnête et chrétienne retraite à quelque ame bien résolue, et saintement impatiente de se retirer du tracas du monde , je leur ouvre la porte d'une petite assemblée ou congrégation de femmes et de filles vivant ensemble par manière d'essai, sous do petites constitutions pieuses.
Nous commencerons avec la pauvreté , parce que notre congrégation ne prétendra s'enrichir que de bonnes œuvres.
Leur clôture sera telle pour le commencement : aucun homme n'entrera chez elles que pour les occurrences èsquellos ils peuvent entrer es monastères réformés. Les femmes aussi n'y entreront point sans la licence du supérieur, j'entends de i'évéque» ou de son commis.
Quant aux sœurs, elles ne sortiront que pour le servloe dos mtfladee ^ après l'année
LETTRES
(ie leur noviciat , pendant lequel elles ne porteront i)oint d'habit différent de celui des femmes du monde ; mais il sera noir, et elles le rondront à Textrémité de la mo- (Icslio et humi!i(6 chrétienne.
Elles chanicront le petit office de Notre- Dame, pour avoir en cela une sainte et di- Tîne récréation : au surplus , elles vaqueront à toutes sortes de bons exercices , notamment à celui de la sainte et cordiale oraison. J*es[^re que notre Seigneur sera glorifié en ce petit dessein , et comme vous a dit le père recteur.
La pierre fondamentale que Dieu nous donne pour icelui est une ame d'excellente vertu et de piété , ce qui me fait tant plus croire que la chose réussira heureusement. Mon très-cher père , vous êtes capable de moyens, faculté et humeur de ce pays ; et jugerez bien, comme je pc^nse, que, no pouvant mieux faire , il est bon de faire cela.
Je sais que je m'attirerai des contrôlemens sur moi, mais je ne m'en soucie pas; car qui fit jamais bien sans cela ? Cependant plusieurs amos se retireront auprès de notre Seigneur, et trouveront un peu do réfrigère , et glorifieront le siiint nom du Sauveur, qui sans cela demeuroient engaj;ées avec les autres grenouilles dans les marais et paliids.
Voilà le sommaire et premier crayon de l'ouvrage , que Dieu conduira à la perfection que lui seul sait , et pour laquelle mon courage est incomparablcmentanimé, croyant que Dieu l'aura agréable. Je laisse à votre prudence de communiquer toutes ces particularités à qui vous jugerez à propos. Le commencement se fera dans pou de jours , Dieu aidant ; et puisque vous le désirez , je vous tiendrai averti , en confiance , du progrès , car votre candeur et sainte bonne foi m'obligent à traiter avec vous sans réserve , et d*étre votre, etc.
Je suis fils et serviteur bien humble du père recteur , qui sait que notre congrégation est le fruit du voyage de Dijon , pour lequel je ne pus jamais rc«;arder les choses en leur face naturelle ; et mon âme éloit secrètement forcée à pénétrer un autre succès , qui tomboit si directement sur le S(Tvice des âmes, que j'aimois mieux m'exposer à lopinion et à la merci des bons que de fuir tout à fait la cruauté
I de la calomnie des maotais , où f eipèn que les jours suivants jugeront les précédents de ma vie , et le dernier les Jugera tous.