‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 149 sur 450 · LETTRE CCXXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXXXV

s. FBANÇOIS DE SALES, ▲ M. DESUAYES.

(Ikét éÊ pftalar ■•■■•tèrt de là vuiuiloi da la Tille

de ftooen.)

Ortcemmaade àson aini une requête pour le pays de Gex contre les Genevois. 11 souhaite que les Bernois restituent au duc de Savoie le pays de Taux, notamment à cause des vlngt^inq pa^ loisset de son diocéM qui étoient dans ce pays; Bailles Bernois n'y yeulent pas entendre.

Anaary, U noTembro lett.

Monsieur, Je ne puis pas perdre cette occasion de vous ramentevoir mon affec* tion, qui vous honore au-dessus de toutes les pensées que vous en sauriez jamais Ivoir. J*écris à M. Le Masnier, toujours pour nos affaires de Gex, et lui recommande ma requête contre ceux de Çenève, de laquelle il lui a plu^rœ promettre d'agir soin. Ce n'est pas que j'espère rien de tette poursuite en un sujet si plein de considérations humaines ; mais au moins empècherai-je la prescription; et si Dieu nous envoie une saison plus pieuse, ce sera toojoars un avantage d'avoir demandé.

Nos ambassadeurs de deçà sont revenus de la diète de Bade , où ils pensoient que l^utorité du roi et Tentremise des cantons cithoiiques auroient disposé les Bernois à

la restitution du pays deVatit , ou au moins convenir d'arbitres pour une journée amiable ; mais ils ont trouvé tout au contraire : car les Bernois n'ont quasi pas voulu entendre la proposition, et nul n'a parlé en notre faveur. Reste que son altesse prenne une bonne et salutaire résolution d'attendre que Dieu fasse naître une occasion pro* pre pour tirer sa raison.

Je suis marri de ce succès, à cause de Iv religion qui est si peu regardée et favori' sée; et j'ai encore mon intérêt particulici pour vingt-cinq ou trente paroisses de a pays-là , qui sont de mon diocèse.

Voila nos nouvelles ; et n'est pas besoiv que je vousilise que je ne désire pas qut Ton sache que je les écrive ; car aussi n< les écrirois-je pas à un autre qu'à vous , i qui je suis tout extraordinairement, moQ sieur , votre , etc.

Monsieur, je ne parle plus du déplaise que j'ai eu de n^aller pas vers vous ; mai^ je ne le puis oublier.

LETTRE CCXXXVI.

s. FRANÇOIS BB SALES, A MAOAMB LA PRÉSIDENTE FAVRG.

(Tlrte de monailère de la VUiutlon de la tille de Turlo

Atls et conseils sor dlITérentes maUères de piéti

Annecy, 18 noTeoibre I6lt.

Ma trèswîhère sœur (<) , j'ai reçu voi deux lettres, toutes douces et de bonncà nouvelles ; car votre chère ame va bien , puisqu'elle veut bien s'avancer au saint amour de notre Seigneur. Faisons bien cela, ma très-chère fille , car enfin tout le reste n'est que vanité : et parce que Tamour ne loge qu'en la paix, soyez toujours soigneuse de bien conserver la sainte tranquillité de cœur que je vous recommande si souvent.

Que nous sommes bienheureux, ma chère sœur, d'avoir des travaux, des peines et des ennuis 1 car ce sont les voies du ciel ^ pourvu que nous les consacrions à Dieu.

Je vous renvoie les papiers de dévotion que je trouve bien utiles ; mais si on les imprimoit , je ne voudrois pas que votre nom y fût découvert , pour ne point donner

Cl) Nom ifoni m qoe S. François de Sales, par nne aP» fecUon paritcullère pe«r M. Pivfe, rappelois aea frère, e'eet pourquoi U donne à ton épooae la nom de «œor.

LETTRES

lieu aux babillards d'en parler, et surtout Tœuvre étant si courte.

Vous pouvez bien , ce me semble , choisir ce bon père-là pour confesseur , puisque aussi bien le père recteur est souvent empêché.

Nos bonnes dames de la Visitation font citrômement bien ; et quand leur logement sera du tout commode , elles seront trèsbien où elles sont maintenant.

Votre OUe (4) chemine fort dévotement , et se porte très-bien. La bonne mère de Chantai est presque guérie, et a aujourd'hui été à la sainte messe.

Ce seroit un très-grand bien qu'à Chambéri il y eût des ursuiines , et voudrois bien y pouvoir contribuer quelque chose ; car «nfm , bonheur à ceux qui nourrissent les enfanspour Tamour, crainte et service de Dieu. Il ne faut que trois filles ou femmes courageuses pour commencer; Dieu donnera Taccroissement. Nos dames de la Visitation doivent donner courage d*entrt9prendre à celles qui seront tant soit peu disposées. Selon mon jugement, ce n'est pas hasarder que do se confier un peu extraordinairemcnt à notre Seigneur es desseins de son service.

Ma très-chère sœur, ma ûlle, aimez toujours bien mon ame qui aime tant la vôtre. Je suis en notre Seigneur tout vôtre. Votre , etc.

P, S. La bonne TioUier sera, à mon avis, fort consolée en celte congrégation , laquelle se trouvera composée mercredi prochain de seize bonnes filles, laissant à part celles qui sont reçues, et qui ne peuvent encore venir. Désormais on sera en peine à refuser, et néanmoins il le faudra faire, si ce n'est pour quelque personne qui puis.se rendre quelque extraordinaire service à notre Seigneur; et quant aux moyens, rien n'y abonde , et rien n'y manque. Dieu a soin de ses servantes , et Notre- Dame les pourvoit. Il vous faut toujours dire des nouvelles de cette petite assemblée , laquelle , comme je crois , vous est chère. La pauvre TioUier étoit si empressée, qu*elle oublia le paquet de la bonne madame d'Aigucbelle, à laquelle pourtant je ne saurois répondre.

Je salue de tout mon cœur ma très-chère nièce.

0) U Bèn Fam, litote pfMMnt.

LETTRE CCXXXYIL

s. PRANÇOIS DE SALES, A MADAMB DE CnANTAL.

(Tlr<« dn ■raâftère de la VUltation d« la THIada Wmmi)

Grands témoignages d'aCTccUon à eeUadamo» é qui il rappelle la mémoire de aon Mcre.

▼•n la S déeaalra tiii.

J'ai bien vu au sermon notre bîen-aimée 611e Françoise (4) , mais je n*ai pas osé \à demander comment ma très-chère mère w portoit ; car il y avoit trop de gens qui m*eussentouï, et eussent été en peine de curiosité pour savoir quelle étoit cette trèft* chère mère , autre que Dieu , ses anges, ses saints et notre cœur, ne sachant corobien raffection qui me rend père , Gis , et une même ame avec vous , est suffisante et pla que sufDsante pour faire cela.

Je donne donc la charge à ce petit billei de vous demander l'état de votre santé, et à notre chère petite Glle de vous redira quelque chose du sermon , lequel j'ai fait hardiment et passionnément; et entre autres choses ayant différé hier de parler de mon sacre , à cause qu'au demeurant j'anrois plus de gens , j'ai dit qu'il y avoit dix ans quej'avais été consacré (2), c'est-à-dire que Dieu m'avoit ôté à moi-même pour me prendre à lui , et puis me donner (3) an peuple , c*est-à dire qu'il m'avoit converti de ce que j'étoiê (4) pour moi en ce que je fusse pour eux.

Mais pour ce qui nous regarde , vous savez que Dieu m'a ôté à moi-môme, non pas pour me donner à vous, mais pour me rendre vous-même. Ainsi puisse-t-il advenir qu'ôtés à nous-mêmes nous soyons conver» tis en lui-même par la souveraine perfection de son saint amour ! Amen. Bonsoir, ma très-chère mère et plus que mère ; le bonsoir à nos filles.

Non , ce n'est pas le père Archange du Tillet , c'est le père Constahui de Cliam* brai , qui sera notre prédicateur le reste d9 cet avent ; et moi je serai souvent celui de nos chères sœurs. Car ce n'est i>as souvent, fors toujours , que je suis le , etc.

(1) Cest mademolulle Françolce Rabatlo-Cbtntal . Ma cadette de !• bleobeoreaM teare, qot a épouié M. éè TooloofeoD.

(t) C'est le 8 décembre leoi.

(9) Ici eet nne lacune à laquelle oo a suppléé par la mot donner, j ayant an r resté dans l'oritinal.

(4) U aat aaaoïa naa laeaaa.

LETTRE CCXXXVm.

FRANÇOIS DE SALES, A N ADAMB L'ABBBSSB

DU puits-d'orbb.

(Tirée dn aoatilère de la VUllatlon dn Paltf-d*Orbe.)

lia félieiie sar ravancement de sa maison en la

piété.

Annecy, 18 décembre 1611.

Sans doute , ma très-chère sœur, que je fie passerai jamais en Bourgogne sans aller loir votre ame bien-aimée, qui est toujours présente à la mienne , mais je ne suis pas prêt pour aller en ces quartiers-là. Il faut que je me trouve à Paris (4) ytour le saint eaW^me. Monsieur m*écrit que votre maison l'avance fort à la piété , dont je me réjouis lelon la mesure avec laquelle je vous souhaite toute santé.

Hier je reçus votre billet, et j*y réponds hâtivement ce matin; mais je ne sais nulles Mmvellcsde votre santé, c'est-à-dire de Tétât de votre pauvre jambe de laquelle vous se me faites nulle mention , non plus que n vous n*étiez pas ma chère fille , et que cette jambe ne fût pas la meilleure des deux poar vous avancer en la profession de Tanoor divin : et vous savez , ma très-chère liOe, que je vous ai toujours dit que vous m*écrivissiez plus amplement par l'entre- Bùse de madame la P. (2), qui aura bien le K^ de m'envoyer vos lettres comme aussi de vous faire tenir les miennes.

M. l'abbé de Saint-Maurice ne donne pas la survivance pour le prieuré de Senor, ne le pouvant faire; mais en toute occurrence de vacance, je ferai tout ce que ne sera possible pour monsieur votre frère, iesuis plus que jamais, ma très-chère fille, (Ton cœur invariable, votre très-humble lerviteur.

Page 1