‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 237 sur 450 · IT, V. U · texte numérisé non relu

IT, V. U

(6}Rroqoltfem abaens eorpore, pnMena antem aplrlli I Cun.pU. V, T. tt.

DE S. FRAEfÇOlS DE SALES.

Prenez garde , ma Irè^-chôre fille , à ces ils de sot et de sotte , et sou venez- vous la parole de notre Soigneur : qui dira OM frère : Raea (qui est une parole qui vent rien dire, ains témoigne seulement elque indignatioo) , il tera coupabli de iueim)i c'est-à-dire, on délibérera nme il faudra le châtier. Apprivoisez lit à petit la vivacité do votre esprit à la tience , douceur, et aDabililé parmi les liseries , enfances et imperfections fémiles des sœurs qui sont tendres sur elle»hnes , et sujettes à tracasser autour des Billes des mères. Ne vous glori&ez point l'aSéction des pères qui sont en terre et : terre , mais en celle du Père céleste qui os a aimée , et donné sa vie pour vous. Donnez bien : petit à petit vous reviéntz aux six heures , puisque vous le dési- I. Manger peu, travailler beaucoup, avoir «ncoupde tracas d'esprit , et reluscr le innir au corps , c'est vouloir tirer beauap de service d'un cheval qui est efflanlé , et sans le faire repaître.

Pour la seconde lettre : Ne fallait-il pas le vous fussiez éprouvée en ce commenanent de plus grandes prétentions ? Or IB, îl n'y a rien en cela que des traits de ivovidence de Dieu , qui a abandonné itte pauvre créature, alîn de faire que ses tehés soient plus fortement châtiés , et 16 par ce moyen elle revienne à soi et à iau , duquel il y a si long-temps qu'elle est départie. J'eusse voulu que vous ne MIS fussiez pas raillée et moquée de ces ms-Ià ; mais qu'avec une modeste simplilé vous les eussiez édifiés pour la compasim dont ils sont dignes, selon que notre âgneur vous a enseigné en sa passion : Senmoins Dieu soit béni de quoi encore la iMe est ainsi passée avec tant d'édificaoa des autres jNrocbaiDS, selon que te bon L dn V. écrit.

Ha très-chère flile , je vous dis adieu , et wjure votre cœur de croire que jamais le ûon ne se séparera de lui : il est imposible ; ce que Dieu unit est inséparable, 'enez votre courage haut élevé en cette tNnelIe Providence qui voua a nommée «r votre nom , et vous porte gravée en a poitrine maternellement paternelle , et 0 cette grandeur de conRance et de cou-

rage. Pratiquez soigneusement l'huoiilité et débonnairolé : ainsi soit-il. Jo suis incomparablement vôtre, ma très-chère fille. Demenrez en Dieu. Amen. Je pars un peu plus à la hâte , parce que la R. désire que je lui fasse la réponse avant mon retour. Ce qui n'est point Dieu doit être peu en notre estime. Dieu »oit votre protedion. Amen. i

LETTRE CCCCXIV.

Il lui donne du nouiella de md rojage.

Ha très-chère mère, voilà votre bon mtmsieur le collatéral (1) qui vous va revoir , pour soudain nous venir renconUer en chemin. Je lui porte envie ; et si j'étois aussi gaillard que lui pour courir la poste , je ne sais si je ne feroia peint comme lui. Je ne vous écrirai guère , car je n'en puis plusdu grand tracas que nous avons fait. Seulementje vous supplie de faire tenir les lettres ci-jointes où elles s'adres6ent, et de joindre à celle de madame Godeau une copie de l'exercice ; car je n'en ai su fair« aucune pendant le chemin , que j'ai eu assez à faire A écrire toutes ces lettres que pour bonne considération j'ai voulu faire. Nous partons samedi , et allons droit à Bourges, puis à Moulins, de aorte que nous verrons toutes nos sœurs.

La reine mère m'a fait caresse ; et si , je n'en suis point plus glorieux pour cela : la vue de ces grandeurs dn monde me fait paraître plus grande que la grandeur des vertus chrétiennes , et me fait estimer davantée leur mépris. Quelle différence, ma tT軫bère mère , entre cette assemblée de divers prétendans, car la cour est celu.et n'est que cela, et l'assemblée des dames religieuses qui n'ont point de prétentions qu'au ciel! Osi nous savions en quoi consiste le vrai bien !

Or sus, jo vous écrirai de Bourges, et de Uoulins, et de Rouanne, etdeLyca, et

toujours, Dieu aidant, que je me porte bien . f)îcu soit n jamais au milieu de volrocœur, ma très-chère mère, et très-uniquement chère mère. Je salue nos sœurs , et suis vôtre de la façon que Dieu sait.

USTTRE CCCCXV.

8. FRANÇOIS nB SALES, A LA MÈRE ANGÉLIQUE ARNAULD, ARBESSE DE PORT-ROYAL, ALORS A MAUBUISSOlf .

If épris da Saint poor les grandeort mondaines : prérérence qu'il donne à Tétat eccle«iasiîque et à Tctat religieux sur toute» les roiidilions du siècle. Il lui marque son empressement pour Toir If. d'Andilly, son frère, qui ctoil à Tours à la soile du roi. Son dégoÉt de la cotir. Son affection pour cette abbesse et poor ses soorf.

Toarf, Jaadl if sapUmbra ISlf (1).

Le second jour se passe , ma très-chère fille , de notre arrivée en ce lieu : et je n'ai encore su voir M. d'Andilly, quoique je Taie désiré; ce sera. Dieu aidant, demain ; mais en attendant faut- il pas que mon eœur salue le vôtre?

Je sus à mon départ de Paris que vous étiez rentrée dans Ifaubuisson avec votre petite chère troupe ; mais je n'ai pas pu savoir si vous aviez trouvé vos papiers, vos meubles de dévotion, et votre argenterie sacrée : car celle qui s'est elle-même dérobée à Dieu , pourquoi ne dêroberoit-elle pas toute au ire chose? .

Or sus, ma très-chère fille , parmi toutes ces grandeurs de la cour (où il faut que je vous dise que je suis fort caressé) , je n'es-

(1) L'événemeDl dont il est fait menlion dans cette leltre eal raconté afoe beanconp do délaila |»ar J. Racine dans aon Histoire de Port-Royal ( Vay. L VI, p. tsa et solf entes, Paris. H. Agasse, 1807.)

Cependant II faut reniarqaerqo'll le pièce en l'ennéo tais, «tqiie cette lettre, insérée deos on recoell Imprimé CD 169^ (Lettre aux religievses de la Viêttatton du mouaitére de Pari*, etc. ; voyez, poor le détail da titre, la upie de la lottre du S Kptcfnbre 1619), y est portée à la data du 19 septembre 1619.

Il est hclle de se conrainore qu'elle n'a p« être écrite qn'a cette dernière époque, car elle est datée de Tours ; or la «Islle de S. François de Sales à Maobuisson n*a pu avoir Hen en 1618, comme Tludlque Recice. puisque S. François d« 8a|es ne vint en France qu'en 1619; c'est dune dans cette année 1619 qu'il Aot placer la visite dont S. Frnnçois de Sales liuoora cette sbbaye. il y fut conduit le fi evril par N de Bonncuil. lotruducteur des ambassadeurs, pour y donner la cnnllrmation à sa fille, religieuse de» Clnirets, que la mère AURélique Arnaeld atoit reçne a Maobuisson avec TinKi-iiuit ou trente religieuses, qu'elle emmena depuis a l'abbaje Je Por^Royal quand elle y retourna. Ce fut alors que se romièrent entre loi et la mère Angélique les naeuds de cette sainte amitié dont on trooTO la pren?« dana Isa lettrée «eé, «i«, étt.éfT, éMeltMOeeer»cnett.

time rien tant que notre condition i siastique. 0 Dieu! que c'est bien chose de voir un train d'avettcs qui 1 concourent à fournir une ruche de iqi un amas de guêpes qui sont acharnéi un corps mort , pour parier honnéteit Je vous écrirai avant mon déport Heu , après que j'aurai vu ce ch^r frè croyez-moi , ma très-chère fille , mo:

se console à vous écrire , tant il est vr Dieu veut que mon ame regarde la ^ la chérisse , et soit parfaitement vôl salue les chères sœurs Catherine, À Marie et Anne , et notre bonne séc qui m'est si chère , ma sœur Catheri Gènes. En somme , mon cœur se ret à tous moments do votre rrtié , et ne point de répandre des souhjit< pour avancement au pur et courageux, humble et doux amour divin. Fraj évéque de Genève.

LETTRE CCCCXVI.

s. FRANÇOIS OB SALES , A LA MÎSRB ANGE ARNADLD , ABBESSE DE POBT-ROYÀl

Pour avoir p«rt à la gloire de J^sus- Christ, aTOirpart à ses bouffrances.

SS septembre 1

 mesure que je m'éloigne de voui très-chère fille , selon les lieux , je m inléneurement de plus en plus joint à votre cœur selon I esprit, et corinoi par là que c'est le bon plaisir de Diei nous ayons ce sentiment de vérilal sincère dilection. J'ai vu enfin moi votre frère (1), que je proteste être l'i aimables personnaj;es que j'aie vpî» jii pour la bonté et piété de cœur quo U a donnée. Le jour précédent il uyi l'avis du départ de son pauvre petit çois, et néanmoins son esprit étoil e tranquillité parfaite , et avec un cerU pos en la volonté de Dieu, qu'autr Dieu même ne peut lui avoir donné.

J'avois écrit jusqu'ici , ma très-cher quand j'ai été emporté du tracas à h et après dîné j'ai reçu ce cher frère to plus ferme de courage , quoique at jusqu'aux yeux sur la maladie de nos Catherine de Gènes et Marie.

0 ma fille , Dieu me soit en aide :

que je ne lui aie dit les paroles de c

(1) ■. d'AndUlf.

dm prophèCa : Hél eùmmmt , Seigngur^ tout affligez donc encore ces fUles, qui pour l'amcur de vous ni^ont repu et maurri (4)? Mais non, ma fille toule trèsdière, j*aime mieux avec l'autre prophète dire : Je suis muet sous vos verges , et n'ouvre nullement ma bouche; car c'est tous qui faites cela (2). En somme , il sera toujours vrai que ceux qui prétendent d'avoir part avec Jésus glorifié , doivent prepUèr^mentavoirpartavec Jésuç crucifié (3). Of BUS , ma fille , tenez votre courage haut 4tevé en Dieu , en sa providence , en l*éterliié. Amen. ,

Je suis ce que ce même Dieu veut et sait que je suis pour vous, et je ne le saurois qaieux dire qu'ainsi . Je vous écrirai à toutes MRcontres, estimant qu'en contentant mon •ne en cela , je le ferai selon le gré de la vôtre , que je prie notre Seigneur de rendre toute sainte. Amen.

LETTRE CCCCXVIL

I, FBAlfÇOIS 0B Si^l^ES, A M. ABMAULB, U

PÈP£.

U It tonMit aar quelques sujets d'afflielion , loi témoigne «on affection toute particulière pour loi et poar toute sa famiile Iténie de Dieu,* feihorte à se ménager et à modérer son travail.

ABlH>lse, Il aaRlflaïkie Mit- Monsieur, je vous regarde de bien loin Mlon le corps, malade bien près selon Tes- |irit, et vois votre cœur paternel affligé de plusieurs aocidens survenus depuis mon départ. Mais je vois encore , ce me semble, que Dieu , votre bon ange , votre prudence

(1) Cetl le prophète Elle. Foyex, dtai le trait dliiatolre ■ItmiI. le pasMce latin.

f Bie ai aot été noorri à Sarepla, diat le te«pt d'one RllBiBe, par aoe Teqve pleiae de foi. qal lui Al qp pain »!■ pea qal lui restolt de farine, el derolt rooarir de tMni eewiile sa os no miracle; la Profldenoe fli ce alinele en se faveor. et la farine oe diminua point peotéaat toit le temps que dora la famiue Mab Dieu. Toa> t hat 4e eouveau éprourer la fol de sa serTauie. permit

• «pe so« Ils unique, qol lui étoU trea-cber. lui fit eolsfé

• pirle aurt Alors, pleine de cunnance daus rinieries-

• iloa da prophète, elle riut Ini sn faire ses plaintes. » nit. toocbé de compaaaioa, adressa à Piru ces paroles, iau aeire saint prélat s'est servi : Stu'gneur mon liieu, hm»-wpiuaénri affligé cette bonne veuve qui a ^oitt de m99urrir.ju9qu'afairf mourir «on /I/a ?P(tmi e Drus BMts, etismne riduaiii apnd quam efo otcumqne susieolir. sBiaistlf lit Hm.. a xvti. t. t. ■ Le fruit de relie

• prtere el de la foi de cette pauvre femme, fut la ré»ur-

• ncUon de reofaot. »

(^ Ohnstol , et ouq tperal qf meam ; qaonlaio ta fe- OÎli. P$i xxxriti. T. If.

0) 9 laoïep oqnpaM^^, Ht a t conf lorlUreonDr» lofi.. 1 nu, T. IT.

et votre courage, vous soalagoilt et fortifient parmi toutes ceftsecousse.s. Voussavcz trop bien la condition de cette miséruble vie, que nous menons en ce monde, pour être étonné des événemens qui y arrivent de diverses sortes. Que vous puis-je donc dire en cette occasion ? Laissons prendre ii Dieu ce qu*il lui platt, et le remercions de ce qu'il nous laisse , et encore plus de ce quïl nous rendra le tout avec une usure Donpareille , au jour auquel nous verrons sa face. J'ai et aurai à Jamais part à vos contentcfments et à vos déplaisirs, puisque je suis inséparable d'affection d'avec vous et votre famille bénite de Dieu , laquelle, en la per.-^onne de M. d'Andilly et de moi , vous conjure d'avoir bien soin de votre personne pour ne point tant travailler désormais, qu*à mesure que Tâge décline vous devez vous soulager par un juste repos. Vous ferez incomparablement plus en dix ans de labeur modéré , qu'en un ou deux de peine excessive. 11 faut, certes , diminuer la charge à mesure que le temps amoindrit les forces. Me promettant que vous prendrez en bonne part cette oordiale retriontrance , je vous supplie, monsieur, de bien persévérer à m'aimer, comme sans un je serai vôtre , etc.

LETTRE CCCCXVIIL f . rRÀNCQW DB ^ifSa, A yNK superieurc

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