DE S. FIIAN<:UI.S DR SALES
noM éiablisMment à Orléans a( à No- "S : mais , mon vrai père , j^oubliai de 18 demander l'obéissance pour traiter ces fondations , car la mienne ne porte 9 pour Paris, Bourges et Dijon ; et, quoi- B je puisse dire sans scrupule, que je ne 8 rien sans votre ordre , je suis pourtaiit io aise de le montrer par écrit, l'appris hier par M. Vincent , qui vous nore et estime plus qu'il ne se peut pan*- * ni dire, tout le dessein que Ton a de us attirer en France. Tous les plus pieux les plus solides esprits d'ici , considéh ni cette proposition, et pesant de part et lutre toutes les raisons ; sont en grand ipens pour savoir ce qui sera le plus à gloire de Dieu.
M. Vincent me le disoit hier , ajoutant l'il sembloit que Dieu vous avoit mis mme un boulevart contre cette misérable \né\e, et comme un mur inexpugnable tre la France et Tltalie , pour empêcher lérésie d'y entrer ; que Ton ne savoit issi si Dieu vous avoit destiné pour être i, comme sur le théâtre du monde , pour rvir d'exemple et de lumière à tous les ■élats de la France ; qu'en une si grande gne un tel ouvrier proQloroit grandeent, et plus qu'en un petit coin du londo.
On dit que vous devez peser vous-même Hte aflaire , et. sentir ce que Dieu y désire pvous. On vous loue extrêmement de ce ue vous vous en rapportez au pape, ourvu , dit-on , que vous lui exprimiez au ng toute Talfaire.
Enfin , mon très-unique père , les jtij^elens des hommes veulent ména^^er tout ce ai est du leur, et encore ce qui est d*auraî : mais dites-moi si je vous dcvois cé- »rceci , ou si je fais bien de vous le dire, 'aurois, ce me semble, la conscience charée de vous taire quelque chose , et il faut ne je vous dise une fois pour toutes , que uand je regarde du côté où vous êtes , je i» sens fort inclinée à ce que vous y demeuriez ; mais si je regarde en deçà , et si ; pense que peut-être Dieu vous y appelle our sa plus grande gloire , je demeure en idifférence , désirant inOniment que notre èigneur accomplisse sa très-sainte volonté avons.
Vous m'obligez grandement de me dire insi des nouvelles de votre tout bon et
trè#-fiiniablecœMr; foit^-W toi^uuni, mon père, je vovi^ en prie , c*est ma trèsKshêrr consolation. Mais no vous doii^-je pas dire en simplicité , que par deux ou trois (ois il m'est venu un peu d'émotion on l'amOuiv propre , de ce que vous ne me répondez rien à tout ea que je vous demande , qui touche mon particulier, et sur mes petites plajptes ; vous avez grand tort , mon cher père, car mon amour-propre en seroit gran dément satiefai t. Hé Dieu ! quo j'en ai toujours mon plein sac, de ce misérable amourpropre : Dieu le veuille anéantir.
Je vous remercie grandement de la charité que vous faites à mes enfans; j'aveis besoin d*être soulagée et aidée en cette charge. Je mécontente de leur avoir aciiuis le bien et le trésor de votre sainte assistance devant Dieu. Je ne quitterois pas cela pour aucune bonne fortune , etc
LETTRE DXVni.
s. FRANÇOIS DE SALES , A MADAUE DB GBANTAL (4).
Réponse à la leUre précédente, aa Rajet des dons du Saint-EKprit.
t9 nai an.
0 que puis-je, ma très-chère, bien recevoir et employer le don du saint enlendement , pour pénétrer plus clairement dans les maints mystères de notre foi I car ci'tte intelligenee assujettit merveilleuiicmtMit la volonté au service de celui que l'entaiidement reconnoit si admirablement tout bon, sans lequel il est enfoncé et engagé : en sorte que comme il n'entend plus qu'aucune chose soit bonne en comparuiàuii de cette bonté, aussi ne peut-il plus vouloir la volonté aimer aucune bonté en compitraîson de cette bonté : ainsi qu'un œil qui seroit planté bien avant dans le soleil , oo peut envisager d'autre clarté.
Mais parce quo tandis que nous somme:; au monde, nous ne pouvons aimer qu'en bien faisant , parce que notre amour y doii être actif, comme je dirai demain au sermon , Dieu aidant, nous avons besoin do conseil , aSn de discerner ce que nous di*yoDS pratiquer et faire pour cet amour qui nous presse ; car il n'eet rien de si pressant à la pratique du bien , que l'amour cc*lestc.
ri) U mkf et ChêDUI «toU tlon Mpértotm U la V»ilaUoB a DUon.