‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 29 sur 450 · LETTRE XXXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXV

s FRANÇOIS DE SALES, A M. LE BARON DE LUX.

(Tirée da monast de la Visitat. de la fille da Mans.)

Il lai mande qu'il est disposé à commenrer iiH cessamment le grand ouvrage de la conversioa du bailliage de Gex.

Après le IT octobre 1601.

Puisqu'il VOUS a plu me dispenser d'aller en personne auprès de vous , pour vous donner l'avis que vous désirez avoir de moi avant que de vous acheminer à Gex, je vous dirai simplement , sur ce papier, que M. l'évéque se tient tout prêt avec la petite troupe pour arborer la croix et en publier les mystères partout où vous lui en marquerez les lieux et occasions : il attendra seulement l'assignation du jour que vous lui donnerez , pour vous rencontrer sur le chemin. Je prendrai le plus d'instructions que je pourrai des particularités requises pour ce tant signalé commencement d'une œuvre de laquelle la gloire , étant toute en Dieu comme à sa source , doit néanmoinî; verser beaucoup d'honneur sur vous , qui êtes le principal instrument duquel il s'est voulu servir. Je le pnerai toute ma vie pour votre félicité , et confesserai que je dois être, comme je vous supplie de croire que je serai toujours , etc.

s. FRANÇOIS DB SÀLBS , AU ROI IISMII [V.

Il kil rend cDnip(sdec« i|u'il a hit, en conit qnenee d« Mt ardm, clan* la b«illii|;i ds Gci il lai témoigne quelque p«ine lur ce qu'où ua :^i ■ icconlè qnc Irnii «ndroiU pourrcurcloe fl« l« ralifcinn ; il le lopplie de reudrs M bonne

LETTRS XXXVI. LETTAE XXXVII.

s. PRANÇOIS DE SALB9, AD ROI IIRXRI IV

11 le remercia d'aioir rtubli t» l»i cilliolii|uc lo

quelque! lieui.

Sire, Après avoir donné gloire à Dieu pour lu nouveau rétablissement de l'exerciro nithoiique en deux paroisses du bailliage Je Gex,queM. le baron de Lux vient de fuire, j'en rends grâces à la providence royale de votre majesté, de la piété de laquelle cespauvres peuples ont reçu ce bien infini. Je dis infini , sire , parce qu'en effet il regarde le salut, non-seulement des amea qui ont été maintenant favorisées de cet incomparable bonheur, mais de plusieun autres, qui, excitées par re:iempledecellead et par l'odeur de la sainte aflbcUan d« votre majesté , minutent de trës-humblM requêtes pour en obtenir une pareille grâce. Quant à moi , sire, je contemple, en ces réparations de la sainte Église , des rares qualités qui font connoltre et reconnottre en votre majesté le sang et le cœur du grand S. Louis et de Charlemagne , l'un etl'autredes plus grands restaurateurs du sen'iccdeDieu , que les chrétiens aient jamais vus ; et puis (je dois ce témoignage à la vérité) je vous dirai , sire, que celui que jusqu'à présent votre majesté a employé coinnieson instrument pour l'eitécution de ses volontés en cet endroit , a un zèle qui ne peut rien oublier et une prudence qui ne saurait jamais rien gâter, qui est tout ce qui se peut désirer en une si digne et ai importante alTaire. Je supplia incessamment Dieu qu'il vous fasse la grâce , sire , d'exalter de plus en plus ssdile majesté, afin que réciproquement il bénissect prospère de plus en plus la vôtre royale , à laquelle , faisant très-humblement la révérence , je demeure , are, etc.

LETTRE XXXVIU.

Sire, Sur le bon plaisir de votre majesté, qu'elle me déclara par ea lettre, j'ai été eu son bailliage do Gex , et y ai établi des ecclésiastiques pour l'exercice de sa sainte religion catholique , es lieux que M. le baron de Lux m'a assignés , qui ne sont que trois en nombre ; beaucoup moins à la vérité que je n'avois conçu en mon espérance, laquelle , portée de la grandeur de la piété qui reluit en la couronne de votre majesté , n'aspiroit à rien moins qu'au tout. J'espère néanmoins encore ; et par la bonté du commencement que je vois , je suis toujours tant plus invité d'en désirer les progrès et complément, lequel aussi notre saint-père commande d'attendre de la justice, bonté, équité et zèle de votre majesté , comme je fais, plein d'assurance que cette main royale, qui ne sait laisser aucun de ses ouvrages imparfaits, ayant donné commeacément au rétablissement de la sainte religion en ce petit coin de mon diocèse , qui ■ l'honneur d'être une pièce de votre royaume, ne tardera point d'y apporter la perfection que le saint-siége en attend , quesonédit promet (1), et que jo lui demande très-humblement avec la faveur de la grâce; suppliant notre Sauveur, pour la ^oire duquel je représente cette requête, qu'il comble de bénédictions le sceptre très-cbrétien qu'il a mis en la main de votre majesté, et qu'après le lui avoir maintenu longuement, il le fasse heureusement passer en celle de monseigneur le dauphin, pour l'appui de l'Église et religion catholique, qui est tout le bien qu'après l'élernelle félicité peut souhaiter pour votre majesté , sire , etc.

Mtinu tmttHnà.

AtiBt le n natenbi* ■•».

Miel, ex tolo agto Gliano , tribua untAm locb raddlta UMlra Udei mialail*; epiicapi anlecataorlaïuiliudeieanili griUaa b4b«i quAd in ejui locam *Ii lutTCcu*. Bcatissime Pater, ..bauJelwc ipioaiu»,e)L epÎKopi,ca-

LBITRES

pituli et cleri hujus Gebennensis voIub< tate, discesseram apud christianissimum Francorum regem, tractaturus de catholicâ I religione restituendâ in oppido et universo ^ agro Gaiano ' negoUum quidem pium, quo nullum œquius proponi poterat , et cui promovendo aullà ex parte défait apostolica sollicitudo beatitudinis vestr® , cujus scilicet nuDtius episcopus Camerinus , magjDO zelo , magaà prudentiâ vir, in h^nc rem , tùm cum rege ipso, tùmetiam cum intirais sJQS coQsiliariis, série, sœpô et sedulô egil , (ttiiihiladspem optati fims desideraretur. At ver6 (quSB est horum temporum in- JHrial) yix quidquam tandem , post multam tam aancti negotii jactationem , consecvti sumus , prieterquiàm quod tribus in lacis nobis religioiiis catboUcaB raysteria paragefe libernm est, addiio in id pro sa* œrdotibos lostris annuo commeatu.

Quod antem ad csolera spectat, rex ipaamet duram temporum conditionem objeoii , tùm sa plus omnibus eatbolicœ religionia in integnuM reslituCioliem expelere, aed non id omne aibi lioere quod iiberet , et id 98niis multa : Hà ut , exactis plané menaibii9.B0vem, ra propemodiim infecta , redire coactua sim.

Mibi autem redeunti îllud quàm molestisaimè accidit , ut episoopujià nostrum GeboBoensem unà cum jubiiieo Tunonensi ëiem suum extremum dausisse reperirem ; que nnlla msgor jaotura hiMc provinoiœ , iniia mijor trislitia causa ils populisacoidere potuit. De boc ponti(ice tibi , pontificûm maxime , pro iiîà vigilantiâ satis cognito , hoc uBum dicam.

Huic Eodesieeviglnti quinque annis prssfuit , et assiduâ prasentiâ etiam adfuit ; ac partim suâ operà, partim aliéna , oves errantes ad yiginti quinque miUia in ovile Dominkum reduxii : vir antique religione, anliquis moribus, antique pietate , antique constantiâ , dignus plané iromortalilate, et illà memoria quae in omnium sit benedictione

Jam verô, pater beatissime, hic lanlus vir non ttà prkkm me , nullo carnis aut sanguittis vincuk) aibi carum, in adjutorem et succcssorem postulaTerat, ac eiiam, per summam beatitudinis vcstrs humanitatem et beneficentiam , suo ingenti gaudio obtinuerat. Quare litteras apostolicas accepi,quib¥flme.epiaeppniihidaflBWiiiq3

cum suffectum esse sancta sedes apostolica sancivit, quorum onmium seriem attentiùs considère.

Id omnium mihi reliquum est , ut providentioe divin» me et rem universam expansis velis committam ; et tibi , pater beatissioie et clementissime , quantas possum maximas gralias agam , ob ilia immensa bcneQcia quibus me apostolica tua munificentia cumulavit ; cùm non tantùm episco* patum concessisti , sed ea omnia quae de more ad œrarium sive censnm apostolictfm ex eâ coDcessione manare debuerant , summâ et tanto culmine dignA liberaKtate remisisti.

Cujus benefidi loco nihil quod rependam invenio, prœter gratam et propensissimam voluntatem meam , quam universam et ir ■ tegram beatitudinis vestra; imporioet nu tuf addioo, Deum omnium remuneratorem ob** secrans, ut eamdem beatitadinem vestram multA etfelicissimâ varetudineEcclesi» sus* quàm diutîssimè servet incolumem. Ad sacros autem pedes humîllimè provolutus , apostolicam benedictionem expecto, qu6 muntisconsecrationis, quodstatimsumsu»-' cepturus, mihi et gregi sit uberiuset laHius.

Il ténioignt tu saint père sa douleur de ce que dans tout le baitliage de Gex il n'y a que trois endroits où f on puisse exereer la religion catboliqse. H fait fétogs deJ'évéqoeson prMécc»* . saur, at rend graoes à sa saintelé de ce qu'elto Ta mis en sa place. .

Très-saint Père ,

Jem'étoifl rendu au connnencement de celte année à la cour du roi tres-chréties (Henri IV ) , pour traiter, au nom do révèque , du chapitre et du clergé de Genève , du rétablissement de la foi catholique dans le bailliage de Gex. 11 ne se pouvoit rien proposer de phis juste ni do phis important : aussi votre sainteté n'a rien épargné de ses soins et de sa sollicitude pastorale pour faire réussir cette négociation ; et le révérendissimeévèqueCamerin, sonnonc»

apostolique en la cour de France , person«> nage d'une rare prudence et plein de ièle, sY est employé de tout son cœur. Co pré lat a eu sur cette affaire de fréquentes et de sérieuses conférences tant avec le ro.v même qu'avec les ministres de sa majesté ; et sa diligence a été telle qu*il ne rcstoil rien à désirer pour l'heureux succès de

Mais , 6 misère de noire temps I après bien des travaux et des difficultés , à peine avons-nous pu gagner qu'il nous fût libre d*exercof le saint ministère de notre religion en trois endroits , et qu'il fût assigné à cet efict à nos prêtres un revenu annuel.

Au reste, sa msyesté, nous ayant représenté la dureté des temps , assura qu'elle étoit aussi ji^ouse qu'on le pouvoit être du progrès de l'évangile, et qu'elle voudroit de tout son cœur que la religion catholique fût solidement éuJsIie et pleinement exercée par toute la terre , mais que tout ce qu'eue vouloit ne lui étoit pas possible ; à quoi le roi ^outa plusieurs semblables choses. En sorte que neuf mois entiers s'étant écoulés , j'ai été contraint de m'en retourner sans avoir presque rien avancé.

M'étant mis en chemin , j'sqppris , à mon grand regret, que notre révérendissime éréque avoit terminé sa sainte vie dans le temps même du jubilé de Thonon. Cette province ne pouvoit faire une perte plus considérable, ni recevoir un plus grand et UB plus juste siyet de tristesse. Je ne puis m'empècher de faire en deux mots l'éloge de cet illustre déiunt, quoique rien de ce qui concerne les prélats , et en particulier celui-ci , ne puisse échapper à la reconnoissance d'un souverain pontife aussi vigilant que vous l'êtes.

Il est de notoriété publique que dans Tespace de vingt-cinq ans aue ce saint iiomme a gouverné cette Eglise , qu'il Ta cansolée par sa présence et édiûéo par son assiduité , U a ramené au bercail du Scieur vingt cinq mille brebis errantes, soit par son propre zèle et un travail infatigable , soit par le zèle de ses ouvriers évangéliquas. Sa religion fut toujours pure , ses moeurs simples et irrépréhensibles, sa piété mâle et sincère et sa constance inébranlable ; enfin , il retraçoit en toute sa conduite l'image de ces vénérables évêques de la primitive Église : en sorte que, sans parler del'inunortalité glorieuse, il mérite encore de vivre , et d'être en bénédiction de tous les siècles postérieurs.

Ce grand homme , peu de temps avant sa mort , m'avoit demandé pour son coadjuteur et successeur dans l'épiscopat, quoique je ne lui touchasse aucunement par les Hens du sang et de la parenté , et il m'avoit

f)lMiu,àsa très-grande satisfaction, de:

la bonté de votre sainteté. J'ai donc reçu les bulles du saint-siége, et depuis ce tempslà e no cesse de considérer attentivement devant Dieu Tonchaf nement et la suite de ces événomens.

U ne me reste plus rien à faire que d'aller me jeter avec une pleine confiance entre les bras de la divine providence , et de lui abaiylonner le soin de cette afiaire , ef de tout ce qui me regarde. Après cela il ne faut pas que j'oublie de rendre mes trèshumbles actions de grâce à votre sainteté, qui , non contente de me pourvoir de l'évêché de Genève , a voulu aussi , par une libéralité magnifique et digne de l'éminente dignité qu'elle occupe, me remettre les droits d'annates.

Si ma bonne volonté , jointe à une par-* faite reoonnoissance , peut entrer en compensation d'un si grand bienfait , je la soumets tout entière et sans restriction à votre sainteté, toujours prêt à obéir au moindre signe de la sienne ; mais , comme je ne trouve pas que cela suffise encore, je supplie de tout mon cœur l'infime bonté de Dieu , le grand rémunérateur , de vous conserver longtemps heureux et dans une sainteté inaltérable , pour le bonheur de son Kglise. Enfin , prosterné humblement aux pi^s sacrés de votre sainteté, j'attends votre bénédiction apostolique , afin que la consécration que je dois recevoir bientôt soit plus profitable pour moi , et plus consolante pour mon troupeau J'ai l'honneur d'être avec le plus pn^oad respect ,

Très-saint père ,

De votre sainteté.

Le très-humble , etc.

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