‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 439 sur 450 · FEANÇOn DB 6ALB8, A MADAMB LA DUCHBSSB DB MEEOOBUE · texte numérisé non relu

FEANÇOn DB 6ALB8, A MADAMB LA DUCHBSSB DB MEEOOBUE

François de Sales, éTéqoe de GenéTe, rMOOkmande à la daebesse de Mereœar de favorablôment traiter un sien débUeur»

itanUtlM.

Madame, Le & de Manigod , qui est fort bon et

(1) Tirée de U Vie d« P. Cotée, de le eenptfele de t jé»af.perleP.d'Orléeiif.Parl«,illt.ifol.ui-4*,p. t«k

• honneste gentilhomme , m*É oonjuré de l'assiBler de mon înteroesaioii auprès de . yœtre grandeur, pour obtenir une graoe qa'il en deaire. C'est , madame, qa*il vous ^aise commander à Pensaben de ne point vouloir exiger de luy, ny le charger d'interest et aceessoires, pour les sommes qu'il doit à V. E., sinon à !a mesme mesure et quantité que sa grandeur en yeut retirer , iiRfk que non-seulement Tun mais Tautre aussi participe à sa charité et libéralité, et *que Tun des débiteurs use à Tendreit l'un de l'autre de la debonaireté et gratification 4|u*il a obtenue de son seigneur et créancier , selon l'Evangile , et je sççy bien , Madame» combien moy-miesme je devois rechercher les intercessions pour impetrer pardon, et du retardemmit du payement de Thorens , et d'avoir tant attendu à faire les actions de grâces que je doy à V! B. , pour la douceur dont elle use en mon endroit pour ce regard. Mais je ne puis implorer à cette intention que la mesme bonté . que le Sf de Manigod me fiait implorer pour Juy, et à laquelle j'aurayplusample recours ^ à la fin de tout le payement, que je ne verrayjamaissi tostachevéqueje souhaite.

Ik'pendant je prieray sans cesse Nostre- Seigncurqu'ii multiplie sescelestes faveurs sur vostre personne ,

^ Madame ,

et sur celle de Madame vostre mère et de Mademoiselle , puisque je suis

tres-humble et tresobeyssant serviteur de Y. B.

FbaivC*» evesq. de Genève.

LETTRE DCCCXCil.

s. FRANÇOIS DE SALES, A «ADAMB DE CHANTAL. ^ '

II lui annonce qc'il y« faire la Tisite de ion diocèse; il la félicite de son amour pour l<»s maladies; il lui promet de lui écrire souvent. Celte lettre est une des plus charmantes que saint François ait Jamais écrites.

Ma tres-cbere fille, j'ay vostre lettre du 6 de juin , et tout maintenant je monte à cheval pour la visite qui durera environ cinq mois, pensez si je suis prest daller en Bourgogne , car , ma chère fille , cette action de la visite m'est nécessaire, et des

prindpdw de na cfatfg». Je a*y ^ ^ de grand eouraga , eidèa oa asalm,]^

senty une partienUèpe oonsolatioa i ?«treprendre , quoyqœ auparavant donat plusieurs jours j'en easae ea mille ninai appréhensions et triatesses, toaqielki neantmoitts ne tonmoyent que la pem ds DKm cflBar, et non point rintérienr, c'esloit comme ces firissoiuiemona qui amteala prttnier sentiment de quelque froidaie.

Mais comme je voua ai dit nainteefois, nostrebon Dien me traite en enlinit bioi tendre, car il ne m'expose à point de mdi secousse. D cognoiat mon infirmité et qoi je ne suis pas pour enaopporterde pmdsi. Je vous dis ainsy mes petites aflàires parcs qu'il me fait grand bleu. Ovy dà je voosai sçay bon gré de bienaymer vostre fiebvic tierce , je m'imagine ponr moy que si non avionsrodorat un peu bien affiné, nous seatlrionsles affections touteanrasqiiéeaet pvfumées de mille bonnes odeurs , car eaoor qued'dles-me8me8,eUeasoientd*odeurdei' playsante ; néantinoina sortant de la mais, maisplustoatduaeinetdacœardel'Espooz, qui n'est autre choae que parfum et qœ baosme loy-mesme , elles arrivent à novde mesme, pleynesde toute aoavilé. Tena, ma chère fille, tenez votre cœur bien large devant Dieu ; allons toujours gaymentensa présence, il nous ayme, il nous chérit, il est tout nostre, ce doux Jésus. Soyons tous siens seulement, aymons-le , cherissons-le et que les ténèbres, que les tempestes nous environnent, que nous ayons des eaui d^amertume jusqu'au col , pendant qu'il nous soulevé le manteau il n'y a rien à craindre. Je vous escriray souvent, ma chère fille, et mille et mille fois je vous beniray des bénédictions que nostre Dieu m'a commises. Vivez joyeuse, ou sayne ou malade, et serrez bien ferme voslre Epoux sur vostre cœur. Ma chère fille, ma Irès-chere fille à qui je suis ce que sa divine majesté veut que je sois et qui ne se peut dire : vive Jésus , à jamais. Amen. A Annecy , le XYU juin 4606.

LETTRE DCCCXCIII.

s. FBANÇOISOB SALBS, A MAnAMB LA BABOIGIl naCUANTAL.

An BontCaBb , !• u momm Um.

Vous nous voyez à vos portée, ma

6tle, mais parce que Thibaut m*a dit qu'avec beaucoup d'affection vous vouliez estre advertie un peu devantnostre arrivée, j'ai voulu vous aggreer, et pour cela je l'ai fait partir trois heures avant nous. Or sus, ma chère 611e , vous l'avois-je pas escrit que ce seroit environ la feste du grand S. Loiiys. Je vous porte mon esprit plein de désir de servir le vostre et faire tout le bfen que nous pourrons faire. Environ les trois heures nous nous verrons , Dieu aydant , car en passant je veux baiser les mains de monsieur vostre bon evesque , et voir nos capucins, l'église cathédrale et ce qu'il faut que je voye en vostre ville, affin que je ne sois pas contraint d'y retourner. Dieu soit toujours avec vous, ma chère fille, c'est !nl qui me rend si... (4>.

LETTRE DCœxaV.

s. FRANÇOIS DB SALES, AU ROI LOUIS XIII.

Prançoii de Sales, évéqoe de Genève, recommande au roi le général des Célesiins, cominissairo apostolique qui Tient pour accommoder quelques dilTérends des religieux de son ordre en France.

Annaey . tl Juillet isisl

La congrégation des cœlestins , agitée maintenant en France de quelque contention , espère que la venue de son abbé ge-

(1) La damlar nos da «atia latirt ast tUiiUila.

neral , qui est de plus commis expressément par nostre S. père le pape, calmera et ac^ysera aysement leur petite mer; mais surtout si l'œil de vostre Majesté en favorise le dessein. C'est de quoy , sire, vostre justice et pieté est suppliée treshumblement, par cette troupe de tresfideles sujets et tre&<ievots orateurs , que vostre Majesté a , en cet ordre , toujours jusques à présent de grande édification, et mesme sous vostre couronne royale , laquelle les a aussi toujours gratifiés de sa spéciale protection ; et puis que il a désiré que j'adjoutasse ma trcs-humblo recommandation à leur demande, je le fay, sire, avec toute révérence, quoy que je me sente tres-indigne d'approscher le throsne de vostre Majesté, parce que la renommée de vostre debonaireté et dévotion me promet autantd'accèsauprèsde vostre esprit royal, que ma bassesse me donne de juste sujet do respect et de vénération. Playse à la souveraine miséricorde de Dieu de vous bénir, sire , d'une très-longue , tres-heureuse et tres-sainte royauté , souhait continuel que je fay pour

Vostre Majesté,

comme estant

Son tres-humble et trea-obeyssant orateur et serviteur.

Franc., evesque de Greneve.

fin 00 TROISI&ME VOLUMK.

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