‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 273 sur 365 · CONSTITUTION III · texte numérisé non relu

CONSTITUTION III

* De l'obeyflsance (i).

a L'obéissant, dit rE-criture , racontera » les victoires ; » afin donc que cette congrégation puisse surmonter ses ennemis spirituels, et compter un jour à Noslre- Seigneur plusieurs sainctes victoires , elle doit estre établie en une parfaicte oboyssance. *

En suite de quoy toutes les sœurs obeyront soigneusement, fiîlclement, promplement, simplement, franchement et cordialement, à la supérieure , comme à leur mère, dit la règle, c'est à sçavoir, avec une affection toute filiale.

Que si quelqu'une viole l'obeyssance deuë à la règle , ou aux constitutions , ou à la supérieure , elle sera soigneusement corrigée , et mcsme par imposition de pénitences et mortifications , selon la qualité de la faute , et tousjours neantmoins en esprit de charité.'

Tous les messages et toutes les lettres qui seront apportées dedans la maison , ou qui devront estre envoyées dehors, seront ^ premièrement représentées à la supérieure, qui en ordonnera selon qu'elle jugera le mieux. On excepte neantmoins les lettres du père spirituel, lesquelles estant reçues par la supérieure , seront remises à celles à qui elles seront adressées sans estre ouvertes, comme de mesme celles que les sœurs escriront au père spirituel ne seront point veuës par la supérieure ; ains elles les remettront à celle qui en a le soin pour estre cachetées, et les faire rendre audit père spirituel.

Les occasions particulières où il sera requis de dispenser de l'ordinaire façon de vivre selon la règle , et de modérer les exercices pour quelques sœurs, ou mcsme quelquefois pour toutes (ce qui ne doitso faire que pour des occurrences rares et signalées), la supérieure en aura le pouvoir , comme, par exemple, de dispenser une sœur de venir au cœur pour l'office , de jeusner es jeusnes des constitutions ; de venir à la table commune ; de parler à quelques-uns le voile levé ; ou de faire la saincte communion ; et de dispenser mesme toute la communauté du silence pour quelque juste occasion; de manger trois ou

(1) Voftf Itt additioM à la Nllt ém CoMUiottoDt

quatre fois l'ttnfiée hors deft repas ordinaires, laquelle neanlmoios detra estre fort âUeative à bien observer la discrétion , pour ii'e:»lre ny trop pliable , ny trop impliable » mais es choses d*iinportance , et qui tirent conséquence, comme par exemple, de décharger tout à fait du jeusne et de la résidence du chœur une sœur, et en pareilles occasions elle prendra toujours Tadvis du père spirituel , et sli est besoin^ de Tevesque , ainsi que la règle dit.

Aucune des sœurs n'entreprendra de Mre des Jeusnes , disciplines ou telles austeriteE corporelles , au'avec le congé de la supérieure, etsMl si&n trouve qui soient fortes pour cela, là supérieure le leur periMtlra, selon qb*elle le Jugera convenable. Que si plusieurs ont licence de practiquer dette mortification de la discipline, elles la feront le vendredy Tespace d*ufi Jvé marti êtella, et toutes ensemble, afin d'observer en toutes choses, tadt qu'il se poiirra , la communauté.

La supérieure estant malade , ou tellemetit occupée qu'elle ne puisse exercer % roffloe de sa supériorité , Tassistante tiendra sa place , et \uif sera fidèlement et humblement obey et porté respect comme à la propre supérieure.

Que si l'une et Tautre estoit malade ou occupée, la supérieure commettra la charge à celle laquelle selon Dieu , elle estimera en estre la plus capable. Que si par quelque soudain ou imprévu accident, ou faute d'attention, la supérieure ne commet pas la charge, celle des sœurs survollluntcs qui sera la plus ancienne en religion l'exercera.

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