‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 291 sur 365 · CONSTITUTION XLIX · texte numérisé non relu

CONSTITUTION XLIX

Briefre déclaration de Tobligation des soon , à fobeenraiion de la règle et des consUtnUons.

C'est l'opinion des docteurs , et la vraye vérité, que ny la règle de sainct Augustin, ny certes la pluspart des règles des autres religions, n'obligent nullement à pécher d'elles-mesmes : ains seulement à raison des circonstances suivantes :

4® Quand la chose défendue est en soy péché , ou que ce qui est commandé est nécessaire à salut.

2« Quand on fuit , ou qu'on laisse à faire quelque chose , par dédain et mespris de la règle.

3* Quand on contrevient à l'obéissance que la supérieure impose en ces termes , ou semblables : Je commande au nom du SainctrEsprit , et sous peine de péché mortel ; mais la supérieure ne doit faire tels commandemens que pour des choses de très-grande importance , et ce par escrit , s'il se peut.

4^ Quand le père spirituel , ou l'evesque commandant ou défendant quelque chose , sous peine d'excommunication majeure , qui soit encourue par la transgression mesme.

5* Quand on transgresse absolument la règle es vœux essentiels de chasteté , ou pauvreté , ou de la vie régulière : comme il arrivoit , donnant ou prenant , ou gardant chose notable sans congé , rompant la clausure , quittant tout à fait l'habit « et semblables.

6* Quand on vide la regh aveoaoaiidale; et en sorte que la consequeoee apporte manifestement quelque grand préjudice au monastère.

7® Quand on fait quelque manquement en la règle par quelque desordonnée passion , comme , par exemple , de n'aller pas au chœur aux heures marquées , par une grande négligence et paresse; de manger hors du repas , par une grande avidité et friandise ; de rompre le silence par colère , et autres semblables; bien que tels pèches ne soient pas souvent mortels; mais comme il appert, ce n'est pas la règle ny les con»» titutions , qui en ces cas causent le péché » ains les circonstances , qui de leur nature le causeroient en toutes autres occasions: car ce seroit toujours péché aux séculiers mesmes , de faire ce qui est péché en soy, de laisser ce qui est requis au salut; d'enfreindre quelque loy par mespris ; de violer les vœux, de scandaliser le pr<^ chaiu , de se relascher à quelque passioa desordonnée.

La règle donc , et comme il est dit , beaucoup moins les constitutions , n'obligent nullement à péché d'elles-mesmes ; mais les sœurs craindront pourtant tousjours de les violer, si elles se ressouviennent que leur vocation est une grâce tresparticuliere , de laquelle il faudra rendre compte au jour du trépas , et qu'elles portent gravée en leur mémoire la sentence du sage : « Qui néglige sa voye , sera tué. » Or la voye des sœurs de la Visitation , ce sont leurs règles et constitutions, esquelles elles doivent marcher de vertu en vertu, jusques à ce qu'elles voyent leur Espoux éternel en Sion : et pourtant qu'elles y cheminent sagement et soigneusement , sans se fourvoyer ny à droite ny gauche.

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