ADDITIONS
VIVE JÉSUSI
«s-cheres filles , nous avons muelques points qui ont esté obmis ';ti lu lions par les copistes, ainsi B. H. père dit luy-mesme; car, ant à Paris, en l'an mil six cens ux , il me dit : Voilà nos conslituuc je ne puis prendre le loisir de I y a plusieurs fau*es; il faut que [ue je fais se ressente de mes emens et accablomens ordinaires. Et na sœur M. Jacqueline Favre. ce jy escrivit les paroles suivantes :
5 nos pauvres chères constitutions; lire combien les copi«<tes ont fait ons, et de fautes assez notables :
spere reparer ces défauts aux liadvis : c'estoit le Coustumier qu*il t ainsi. Il me semble donc bien ient adjoustez au derrière des cents : Dieu nous fasse la grâce, mes ires sœur^, de les bien observer.
Amen. Soaur Jbannb-Françoisb FimiOTt Dieu soit beny.
8or la première ooBitHiilln,
Les personnes d*esprit et de vertu approuvent et louent vostre tres-lionorable et saincte vocation ; quelque cervelle mQRdaine se fnsche de la facile rec(9ptio|i d^ infirmes ou des veufves âgées :ipai8 n'fstce pas un secours fort ^ propos poqr ellas, de leur présenter «ne retraite, en laquelle elles se puissent mieux préparer» pour e^ ire retirées éternellement au ciel ? lia Copgregation no prétend que de nourrjrd^s âmes humbles; les vierges seront hutT)()Ie§, parce qu'elles sont vierges^d'au^ptqiie }^ virginité sans humilité n*est rien q^e VU* nité; les vefves seront humble^, WT^ qu'elles ne sont pas vierges; les vierges honorerqpt les vefyes, 4 cap^e ç}q |eur humilité et dévotion ; les vefves honoreront les vierges, à cause de leur humble virginité : ainsi toutes respireront Thumilité, et la suavité de la charité qui les rend sainctement esgales : doncques les vioN ges, les vefves, les vieilles et les maladives seront reçeuës en ces maisons, qui pour cela ne professeront pas une austère austérité, et faut que la ferveur de la charité, et la force d'une tres-întime dévotion supplée à tout cela.
De la eonstitatioB de la ciêtare.
Quand quelques dames séculières entreront dans le monastoro, la supérieure et deux sœurs les iront recevoir à la porte avec tant de douce cordialilé cl de religiosité, qu'elles ayent sujet de dire quVllea enlrenl en la maison du Soigneur, pleine de douceur et de paix : il ne faut point qu'aucune des autres sœurs s'aille pre* senior d'elle-mesme à telle réception; au contraire on sonnera une clochette, afin que chacune se retire , et que lesdites dames qui seront entrées sçachent (]uc c'est au rebours des maisons du mondç|.
Amnnoifs.
00 chacun s'empresse à voir qui est là. Eh cela elles s*edifleront de la rccolleclion des servantes de Dieu ; si toutesfois une sœur est nécessitée de passer es lieux où seront les dames , il luy sera loisible de les saluer, pour observer la cordialité en j-hospitalilé chrestienne, et cela tres-brievement; que si toutesfois il est silence, qu'elle passe sans dire mot , sinon que la supérieure l'appelle; alors elle saluera librement sans se faire presser ou faire la honteuse, mais dans la franchise des enfans de Dieu , qui doit exclure de la congrégation de M Visitation toutes gesnes et petites niaiseries.
I' est tolerable que quelque dame entre qiklquesfois pour certaine grande, rare et extraordinaire occasion dans les. monastères, mais que le monde n'y vienne point avec elle; ce qui arriveroil si les religieuses par leurs sainctes contenances, modestie et devis n'attiroient telles dames à parler chrestiennement et spirituellement, lans meslange de murmuration, curiosité, ou autre entretien superflu.
De la eomtitation de l'obeysMoee.
L'ame, ayant à combattre tant d*en- Demis visibles et invisibles , si elle veut demeurer victorieuse, il faut sur toutes choses avoir l'obeyssance. Or cette congrégation estant une petite armée dressée contre le péché et la vanité du monde , afin qu'ello puisse tres-heureusement vain- -cre en terre, pour triompher glorieusement au Ciel , et rendre compte à Nostre- Seigneur et à Nostre-Dame de ses victoires, elle doit en toutes chos«s et tur toutes choses vivre en une tres-absoluë obeyssance, demeurant pleinement et perpétuellement sous l'autorité de l'evesque, sans qu'elle se puisse mettre sous aucun supérieur régulier; ains l'evesque donnera une personne ecclésiastique dépendante do son clergé et autorité, pour père spirituel , lequel sera respecté de la supérieure, et de toutes ses sœurs qui luy obeyront selon la règle.
De la constitution de la panTreté.
Ayatit tiré les billets dejs Saincts, tout se fera avec révérence et dévotion , pour l'amour du Sainct qu'on aura tiré, et pour
imiter en quelque aorte, par cette drococîsioQ des affections que Ton pourroit avoir, cellede Nostre Seigneur. Enfin si ce n'estoit qu'à cause de la diversité des tailles, on ne se peut pas servir des robes; il seroit expédient que l'on les changeast aussi bien que les cliapelets et croix, neantm'oins tous les habits estant sans façon et toi* d'étoffe vile. Il n'y a pas de l'apparence, qu'aucune y doive avoir de la particulière affection, éi pour ester le scrupule des reliques, les sœurs doivent croire, qu'elles serviront de protection pour toutes, estant communes entre toutes ; et celles d'on Sainct qu'une soeur portera, n'auront pas moins de vertu pour toutes les sœurs, que si une chacune les portoit, puisque cdle qui les porte les a de la part de toutes, et pour le bonheur de toutes ; telle est la force de la communauté et de funion charitable.
De la oonstitation do lileiiea.
Toutes les heures seront employées proportionnemenl selon qu'il est marqué, le reste du temps des offices et communautés sera employé à faire des ouvrages chacune en sa cellule ou offices, tant qu'il se pourra, gardant le silence es heures marquées; et pour se resjoiiir sainctement , ou reprendre haleine , elles pourront chanter des cantiques ou psalmes , mais fort bas. Es jours des festes on pourra quelquesfois employer le temps destiné aux ouvrages et au silence, à escrire, lire, composer des cantiques et choses semblables, s'entend celles qui en auroient le talent et le désir, pour mieux employer le temps, sans toutesfois nuire au recueillement.
Des récréations et convarsaUoiit.
Elles s'entretiendront ensemble de ce I que bon leur semblera, filant neantmoins ou faisant quelque besoigne légère qui ne les occupe point trop, et qu'elles fassent i^ans beaucoup d'attention ; elles . prendront garde à parler en toutes occasions doucement, paisiblement, simplement, et non point brusquement ny hautement, ny avec mots recherchés, ny cérémonies afloctées : elles 8'ab> tiendront tant qu*il leur sera possible de parler dt , leur maison « race, famille, ny des bon-
iieurs qu'elles onteutfe au monde , de leur pays Gt noblesse.
De la consiliutloD dn mingcr.
Si celle qui a la chari^c de lire prend le MÎn do prévoir ce qu'elle devra lire , elle fera chose fort agréable p Dieu ; car ainsi elle rendra sa lecture phts utile et fructueuse aux outres; on tascbera de donnei ta viande et le pain si nettement sur table, que nulle dos sœurs n'aye besoin de racler, pincer et écrouler, ny lesnioigner aucuni; délicatesse aux autres.
Que les jeunes honorent les vieilles, bien qu'elles soient depuis peu on la congrégation , et que le.^ vieilles n'usent d'aucun mespris ou autorité sur les jeunes, mais toutes s'aimeront et honoreront cordialvment, et tant en leurs e.^crilï qu'en leur langage et maintien , elles seront humbles de ccBur et d'effet , honorant un chacun humblement et simplement, et que l'on prenne garde que l'on n'escrive point du lettres de compliment, surtout les novices, M ce n'est pour des occasions grandement egi times, comme de condoléances avec les larens , et que ce soit d'un style pieux et levot. Celle qui demeurera en la place do a supérieure comme lieutenant» ou assisan te ne verra piiint les lettres addrossan> «s à la supérieure absente , bien que touours on luy doive demander licence poui eur escrire et faire cacheter les lettres par :elle qui a le sceau do la maison ; que si luelques sœurs vouloient les montrer, il But que ce soit en sorte que les autres ne l'en aperçoivent pas, afin de ne point tenir es esprits en contrainte.
Ds It eonilitnlion da II iiiodMU*.
■ Qu'elles ne s'Interrompent point les unes es autres, quand elles parlent ensemblenent , et spécialement lorsqu'elles font la x>nference des lectures , et que l'on parle lechosea sérieuses. Si quelqu'une manque wr oubly ou négligence à ce qui est de sa ;harge, celle qui s'en appercevra l'en lourra advenir, non par forme de remonrance, ains comme ta faisant ressouvenir ; nais celle qui sera ainsi udvertiu, le doit irendru en bonne part, et t<'smoigner l'eu sçavoir gré.
De 11 wnaUiDltiHi dM alBcif
itds Ij milHuk
La supérieure considérera spécialement la directrice et les novices , afm que cette pépinière soit bien cultivée en la vie spirituelle, et afin que la reformation de l'bomme extérieur ne soit pas sans celle de l'homme intérieur, et que la ctingregatioa cc^noisse lousjonrs que l'union des amea avec Dieu est sa principale Rn , et que les filles d'irello ne se retirent pas du monde seulement |iourfulr les peines et travaux, périls et dangers de damnation qui y sont; maisau^si, et principalement pour estra tirées , jointes et unies de plus près et piui fortement â leur Sauveur et Créateur.
Da II coDUllailoD de l'alMIIoD ds ta wipMaaTet Pour l'élection des conseillères e( de l'assisionlo, quand la supérieure jugera h propos de le- changer . elle en fera proposition au chapitre . comme dessus ( voilà ce qui estoit demeuré de cet article ). Que si la congrégation faisoit jamais de si mauvaise élection de supérieure, qu'elle merilast d'estre déposée avant le temps, les sœurs qui en conscience cognoistront que cela (loust cstre fait, en averiiroient le pore spirituel , qui en confereroit avec les officieres principales, puis entre toutesles sœurs, et enfin prieroit le prélat du lieu qu'il vinsL à l'assemblée ou deputast quelque personne signalée pour s'y trouver, et en cette Iroistosme detilicralion on concluroit la déposition ; et de mesme si la saperieure venoit à tomber en quoique longue maladie qui la renilisl du tout Inhabile aux exercices de sa charge , au préjudice de la communauté , on pourra proccder à l'élection d'une nouvelle supérieure.