ARTICLE XIV
Les sosurs rendront un grand respect à la supérieure , regardant Dieu en elle , et l'honorant comme l'organe du Sainct-Esprit. En suite de quoy , lorsqu'elles lui rendront compte de leurs oonsciences, elles se mettront à genoux , s'humilianl non-seulement de corps , mais aussi d'esprit, pour recevoir les ad vis , remontrances et correetions qu'elle leur fera , tout 1 ainsi que de la propre bouche de Dieu.
oniECTOIBB.
Mais fi la supérieure leur commande de se lever, ellai le feroni simplement.
Que si par rencontre elleaDortî&e quelque sdBor , elle ae mettra soudain à genoux « demeurant aîasi lea yeux bas » et les naiaa joîBtis, jusques à ce que la auperienre easae de parler à elle. Puis elle haisera la terre , et si la supérieure est encore preaenle , elle luy fera un grand endhi en se relevant. Il leur aéra trea-utile de reotvoir en cette sorte les mortificatioM et bmniliations , comme remèdes ooQvepables et nécessaires à leurs maladies , s*imaginaBt qu'elles aent ainsi que dsa petila entons, auxquels la douœ et charitable mère donne l'absynthe et le chicotin , drogues tres-ameres , Tune pour lea garantir des vers» loutre pour les sevrer de la vammelle , et les accoustumer aux viandes solides. Qu'elles se gardent doBo bien dé oroire , quand oa les oorrn géra , ou qu'on leur fera des advertisaernens, que cela se fasse par passion, ou auiavaise volonté ; ains qu'elles tiennent pour aseeuré que c'est une vraye marque de l'amour qu'on leur porte, et du désir que l'on a de les voir persévérer en leur vocation , et parvenir à une très-haute perfection.
Recevant quelque obeyssance un peu extraordinaire, elles se mettront à genoux , et baiseront terre. Lorsqu'elles donneront ou prendront quelque chose de la main de la supérieure , 90it lettres , livres , ouvrages , et choses semblables , elles mettront un genoiiil en terre , et baiseront sa main, sauf dans le cliOBur.
En quelque part qu'elles soient, si la supérieure passe près d'elles , elles se lèveront , et feront un enclin , excepté quand elles sont à genoux au chœur , qu'elles s'inclineront seulement.
Oocamens fort atiles.
ARTiaE XV.
Toutes les sosurs doivent estre fQrt at^ lentives à se perfectionner selon leur institut , par une ponctuelle observation , rapportant à cela toutes les lumières qu'elles recevront, tant aux lectures , conférences , oraisons , confessions et prédications , qu'autrement , ne prenant jamais de cela eiMMe auoiwie qui soit contraire à
leur institut. Powr bon qtt*ll sembla tatie, el qn'en effet, il le fuat, si ne le aeroil-M pas pour elles, je lea an asaaora. Ghaena se doit perfectionner aeloit sa vpoatioti d'autant plus que les pffe<»p(pa d« t<Hil» lea vertus et pîerféctions aonl eMloa dans lès réglée et oonstitutioas » el lea soaun as doirenfc rien tant craindra, sifiaii que r« vienne à les négliger , et par en noyeaft se relascher de cette exactitude tant nécessaire. Qqe (a auperîeiOT de chaque m^ nastere prenne soigneusement garde qu'on n'introduise aucune pquveauté, retranchant toutes prétentions de faire plus ou moins que ce qui est compris dana l'institut Bt surtout , il est requis que les scsm continuent à se desoovvrir ù la supérieurs, avec l'entière simplicité ai sinoerité que la constitution manqua, el que recipio»
quement les supérieures ayant un trssgrand soin de eonaerver cette oonfiapoe Ûliale dea sosura en leur endroit par va amour tout cordial et suave. Cet ad vis ait de si grande importance pour maintenir l'esprit de l'institut en sa perfection que, quand il manquera , l'eaprit de U congrégation defaudra, lequel estant oonaervé, enrichira le paradis d'ames.
Les sœurs doivent continuellement aspirer à la véritable et sincère humilité de cœur, se tenant petites et basses à leuis yeux. Et quand le monde les tiendra pour telles , el les mesprisera , qu'elles reçoi* vent ce mcspris , comme chose trea-conve» nable à leur petitesse , et un gage précieux de l'amour de Dieu envers elles : car Diea voit volontiers ce qui est mesprisé, et la bassesse agréée luy est tousjours fort agréable. Qu'elles se monstrent tres-affeotionnées, autant que la constitution seisiesme le permet , à la practique de ce document , qui est d'un prix inestimable. Ne demandez rien , et ne refusex rien ; mais qu'elles se tiennent disposées pour faire et souffrir tout ce qui leur arrivera de la part de Dieu , et de lasaincte obeyssance. Cela nourrira en elles la saincte paix et tranquillité de coMir , qui leur a esté si souvent recommandée, Aquoy servira encore qu'elles ne se plaignent point les unes parmy les autres de leurs tentations , degousts, aversions et difficultés, ni meame des inoommoditez corporeilea , ainon à la supérieure.
oiKKCTAlMlf
Qu'elles fassent grande profession de ne 1 se point excuser non-seulement sur les ad- ▼ertissemens , mais encore es fautes légères.
S*il arrivée une sœur de dire à une autre des paroles sèches , ou tant soit peu contraires à l*bumilité , elle doit incontinent lui demander pardon , se mettant à genoux et baisant terre; ce que l'autre so^r fera pareillement, usant de quelque trait de cordialité en son endroit.
Quand les sœurs parleront de leurs défauts , et de ce qui touche à leur personne, elles useront du terme singulier; comme par exemple : Tel ronfpu le silence ; je suis imparfaicte ; J'ay mal à la teste , et semblables ; mais en tout le reste elles parleront en pluriel, comme : Nous avons des cellules ; nostre robbe est gastée; nous avons fait telle et telle chose.
Les sœurs ne pourront donner en leur nom aucune chose , et ne leur sera pas seulement loisible de se prester ou donner les unes aux autres sans licence.
Mais quand il sera requis de faire quelque présent , la supérieure le donnera , ou fera donner au nom de toute la communauté ; et se tiendra-t-on en cela mesme dans les bornes de l'humilité , simplicité , pauvreté religieuse, qui sont vertus particulièrement recommandées aux filles de la Visitation.
Les sœurs s'essayeront d'estre courtes et retenues au parloir , mesme avec des personnes spirituelles ; parce qu'aux longs entretiens il se glisse facilement des superflu itez et olsi vêtez de paroles.
Il ne leur sera jamais loisible d'y manger, et tant qu'on pourra , on les exemptera d'y aller la matinée des festes , au temps de caresme et de l'advent , et pendant les retraites ; mais neantmoins la supérieure le permettra quand elle le jugera à propos,
La supérieure , pour quelque grande e( signalée occasion d'affliction publique ou particulière , pourra faire faire des oraisons , jeusnes , pénitences , et oommunions extraordinaires, pour quelques jours, prenant l'advis toutesfois de ses cpadju-* trices.
Elles feront demie heure d'oraison pour les pécheurs aux trois jours de oaresmeprenant, devant ou après la lecture.
Lc^ sœurs porteront un grand respect à la parole de Dieu , de quelque part qu'elle leur soit annoncée , l'écoutant avec attention et révérence, et feront le mesmé de toutes les choses sainctes , et des vertus , desquelles elles parleront avec honneur et révérence, sans les tourner en récréation*
Tant qu'il se pourra bonnement, la supérieure fera qu'il y ait prédication toutes les festes solemnelles de l'année, tous les premiers dimanches du mois , les dlmanches du caresme , et une ou deux fois fa semaine.
Les sœurs auront un jour tous les mois pour s'entretenir toutes ensemble^ et pour se recréer sainctement par forme de conférences spirituelles , environ une heare du silence do l'après-disnée , ou autre heure que la supérieure jugera à propos.
C'est aussi à sa discrétion de les mettre deux à deux , on plusieurs enseable, oa de les laisser en liberté de se choisir elles mesmes , ou bien la supérieure avec les professes, et les novices ensemble; mais non point dans les cellules , ny les aides , quand elles s'entretiennent à la fin da mois, si non qu'elles ayant congé.
Dm menues lloeneei*
ARTiaS XYI.
Les sœurs sont en liberté d'aller visiter le tre»*sainct Sacrement, pourfaireooHii»ment quelque acte d'adoration.
De faire quelque prière voosie, ailni ou venant par la maison, et pour qui elles veulent.
De demeurer les jours de festes eavifen demie heure au ohosur , entre prins ai tierce.
D'y faire la lecture, ou dans le jardin.
De se promener oi| rotirer en solitude , faisant leurs ouvrages es heures qui ne sont point de communauté ; en sorte que cette liberté ne nuise point au recueillement.
De lire à toutes heures commodes quelque chapitre des règles et constitutions » ou quelque peu de leurs livres , pour se distraire des tentations, ou recueillir l'esprit de dévotion.
De chanter des cantiques spiritnei9 pux
racrealioiu, et mesme m ^leDoe, eana interrompra les aulrea.
De parler bassement et courtemeet durant le silence pour choses nécessaires.
De se retirer un peu en solitude, lorsque plusieurs travaillent en mesme ouvrage pendant le silence, na quittant jamais les axerdces communs pour faire quelque ouvrage, sans necesàlé extraordinaire.
De se promener ensembleroent pendant In récréation, et et jours de feslea après le rappiHl des lectures , s'entretenaat de-
Elles pâment hira des recreatiooa ez- (raonliDairfls par inlemlle , mais rare-
EXERCIGE DU MATIN,
Prosternée â genoux , et profondément humiliée devant l'incompréhensible majesté de Dieu, voue adorerei sa souveraine bonté, laquelle de toute elernilé vous nomma par vostre nom , et Gt dessein de vous sauver, vous destinant entre autres 'Choses oe jour présent, afin qu'en iceluy TOUS vinssiez à exercer les œuvres de via et de salut, suivant ce qui est dit par le prophète : Je t'ay aimée d'une charité éternelle ; c'est pourquoy je t'ay attirée ayant pitié de toy.
Sur cette véritable pensée, vous unirez vostro volonté â celle de ce tres-benin et tres-misericordieux Perecelesle, par telles ou semblables paroles cordialement proferéiii. 0 ires-douce volonté de mon Dieu ! ! qu'à jamais soyeï vous faicto : à desseins , etcrni'U de la volonté de mon Dieu I jo vous adore, consacre et dédie ma volonté, pour ■ vouloir à jamais éternellement , ce qu'e- j
tm^ement mm wm voalu. O qrnje base donc aujourd'hui, et tou^oors et en toutes choses , vostre dhine vohmié I 0 mon doux Créateur I ofiy, Père céleste; car tel fat vostre bon plaisir de toute eternilé; ainsi eoit-il. 0 bonté trea-agreablelsoit comme vous l'evu voulu. 0 voknilé éternelle I vivez et règnes en tonte» nui volontés, et sur toutes mes voloDtte, mate' tenant et A Jamais.
DP ponr.
Invoqntt par après le secours at l*aasl^ tanoB divine , avec tellas ou aemblable* davoiee acclama tioaa , inlarieuremeot neaotDoins et du fond dn cœur. 0 Dieu I soyes en mon aide. Que vostre main secourable soit sur ce pauvre et foible cou* rage I Toilô , A Seigneur I ce pauvre et misérable OBur, qui a oonceu par vostre bonté plusieurs sainctee affections; m^i» htias I il est trop imbécile et cbetif pour effectuer sans vostre aide le bien qu'il desirs. J'invoque la tres-sacrée Vierge Marie, mon boa aoge, et toute la cour du paradis. Que leur taveur me aoit mainteoant propice, s'il vous plaist.
!¥• poan.
Faites donc ainsi une vive et puissante union amoureuse de voetre volonté avec celle de Dieu , et puis parmi les actions de ia journée , tant spirituelles que corporelles , faites encore de fréquentes reilnions ; c'est^-dire , renouveliez et confirmez de rechef l'union faicte la malin, jettent un simple regard intérieur sur û divine bonté , et disant par manière d'a^ quieacement : Ouy, Seigneur, je le veux; ou bien seulement : Oiiy, Seigneur, oiiy, mon Père , oiiy, tousjours oiiy. Si vous vouiez aussi, vous pourrez faire le signe de ta croix , ou baiser celle que vous portez, ou quelque image; car tout cela signifiera que Muverainement vous voulez la providence de Dieu, que vous l'accep. lez , que vous l'adorez et aimL'z de tout voïtre cœur, et que vous unissez mseparablemeiit vostre volonté à cette ïupreMae volonté.
DIREGTOIRB'