‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 1 sur 101 · AMOUR DE JÉSUS DANS L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

AMOUR DE JÉSUS DANS L'EUCHARISTIE

I. Auguste sacrement! sacrement d'amour, sacrement de vie, aimant qui attire nos cœurs! Voilà, mes frères, le centre de toutes nos affections, de tous nos désirs : aussi voulons-nous graver dans vos cœurs, pendant cette sainte mission, une tendre dévotion au très-saint et adorable Sacrement de nos autels. Mais que vous dirai-je pour la première fois que je vous parle de Jésus dans le sacrement de son amour ? Eh bien! voici ce que j'ose vous dire, écoutez-moi : si vous pouvez, tous tant que vous êtes, me trouver quelqu'un sur la terre qui ait autant fait pour vous, et qui vous ait aimés autant que Notre-Seigneur Jésus-Christ, je vous permets de laisser là mon Jésus et de lui dire en face : Allez, nous n'avons que faire de vous ; nous avons trouvé quelqu'un qui nous a fait plus de bien que vous

(1) Dans l'original, ces Exhortations ne portent pas de titre. Cependant comme elles roulent chacune sur un sujet bien déterminé, nous avons cru faire chose agréable au lecteur en indiquant ce sujet en titre, comme l'auteur lui-même l'a fait pour les Entretiens sur la sainte Vierge, ci-après. (Note du Traducteur.)

ne nous en avez jamais fait. — Mais où trouverez-vous un tel ami? Où? dites-moi; en quel coin du monde ? Nulle part, mes frères, nulle part. Notre unique, notre véritable et sincère ami, le voilà ; c'est Jésus. Oui, Jésus nous a aimés du fond du cœur, puisqu'il nous a donné en un seul don tout ce qu'il pouvait jamais nous donner, en nous donnant, à la stupéfaction des anges euxmêmes, et son âme, et son corps, et son sang, et son cœur, et sa divinité, et sa vie. En un mot, il nous a laits maîtres de tout ce qu'il est, et s'est rendu tout à fait nôtre ; de sorte que chaeun de nous peut dire avec vérité : Ce Jésus qu'on adore sur cet autel est tout à moi; à moi est ce corps très-précieux, à moi cette âme très-pure, à moi cette adorable divinité ; il est à moi tout entier. Mais vous, pécheurs, êtes-vous tout à Jésus? Attention.

II. Un jour cet aimable Sauveur apparut à sainte Thérèse sous la forme d'un gracieux enfant, et lui dit : Qui êtes-vous? Comment vous appelez- vous? — Je m'appelle Thérèse de Jésus, lui répondit la Sainte. — Eh bien ! moi , reprit l'enfant, je m'appelle Jésus de Thérèse: puis il disparut. Ineffable jeu d'une tendre affection, qui fit fondre d'amour cette âme séraphique. Voilà' aussi ce que s'est proposé l'aimable Sauveur dans la divine Eucharistie ; il nous y a ouvert une école pour nous apprendre à l'aimer, et afin de montrer qu'il est à nous sous tous les rapports, il a voulu que nous l'appelions non-seulement Seigneur, mais encore Maitre : Dominus et Magister. Comme maître, il nous enseigne la science de la vérité et l'horreur des séductions du siècle; il nous apprend l'art de la véritable dévotion, pour nous unir à son Cœur sacré; il nous inculque le désir de la vie éternelle, et le moyen de Taimer parfaitement ici-bas afin de l'aimer éternellement dans le ciel, et d'être tout à lui dans le temps et dans l'éternité. Mais

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vous, pécheur, vous avez assisté jusqu'ici à cette école, comme y assistent les bancs et les sièges, qui n'apprennent rien; car, bien loin d'être tout à Jésus, vous avez été tout au démon. Ah! réveillez-vous aujourd'hui, et pour apprendre à être enfin tout à Jésus, écoutez ce qui arriva à cette jeune fille, française d'origine, un jour qu'elle s'entretenait devant le Saint-Sacrement, avec un ardent désir d'aimer Jésus. Le divin Maître lui apparut sous une forme sensible : Me voici, ma fille, lui dit-il, je suis venu vous apprendre à m'aimer : m'aimez-vous sincèrement? — Oui, mon doux Jésus, je vous aime, et de tout mon cœur. — Cependant vous ne parlez pas du fond du coeur? — Ah! Jésus, mon souverain bien, je vous le dis du fond du cœur, je vous l'assure. — Mais vous ne le dites pas encore comme je le voudrais. — Alors la fervente disciple, excitant en son âme les sentiments les plus vifs et les plus tendres, s'écria, les yeux fixés sur son bien-aimé, et le visage tout enflammé: 0 Jésus, Jésus, Jésus! je vous aime, je vous aime, je vous aime! — Et l'effort qu'elle fit pour exprimer son amour fut si violent que son cœur se brisa dans sa poitrine; elle tomba morte aux pieds de Jésus, qui emporta sa belle et sainte âme au ciel.

III. Eh bien! mes frères, que faisons-nous ? ah ! tournons-nous tous vers l'auguste Sacrement de l'autel, et commençons cette mission par un acte très-ardent d'amour de Dieu. Afin d'être désormais tout à Jésus, disons-lui, la main sur le cœur: Mon doux Jésus, Jésus mon bien suprême, Jésus ma vie, Jésus dans mon âme, je vous aime, je vous aime, je vous aime de tout mon cœur. — Ah ! notre amour est trop faible; afin de suppléer à ce qui lui manque, laissez-moi faire une protestation au nom de tous ceux qui m'écoutent; ce que je vais exprimer de bouche, je le ressens au fond du cœur : Mon airr^ble Jésus, Jésus infiniment bon, je veux vous

aimer de cet amour ardent dont vous ont aimé, vous aiment et vous aimeront pendant toute l'éternité, tous vos anges, tous vos saints, et la reine des saints, ellemême, Marie Immaculée. Si cela ne suffit pas encore pour vous aimer comme vous le méritez, je veux vous aimer de cet amour dont vous vous aimez vous-même, ou mieux encore, de cet amour divin, de cet amour incomparable dont votre Père céleste vous aime. Je vous proteste que je veux être tout à vous dans le temps et dans l'éternité; que vous seul serez toutes mes délices, toute ma consolation, dans cet adorable Sacrement. En un mot, vous seul serez désormais pour toujours ma portion, mon héritage, mon Dieu, mon tout : Deus cordis mei, et pars mea Deus in œternum1.

Je vous suggérerai tous les soirs quelque dévotion particulière à pratiquer en l'honneur du très-saint Sacrement. Je vous conseille ce soir de lui faire chaque jour une visite dans une église quelconque.

IIe EXHORTATION.

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