‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 46 sur 101 · DU SAINT ET PUISSANT NOM DE MARIE · texte numérisé non relu

DU SAINT ET PUISSANT NOM DE MARIE

vos nécessités vous puissiez aussi vous en servir avec une foi vive.

II. Il y avait un prince qui, à raison de la tendre dévotion qu'il portait à la sainte Vierge, ordonna à tous les gens de sa maison de répondre, quand onrles appellerait : Ave Maria. Il apprit même à un oiseau qu'il tenait en cage à proférer les mêmes paroles. Il était vraiment délicieux d'entendre ce rossignol de paradis, dirai-je, qui dès l'aurore se mettait à chanter doucement : Ave Maria, Ave Ilaria. Si quelqu'un s'approchait de sa cage, ou frappait à la porte de son maitre, aussitôt il entendait l'oiseau lui répondre : Ave Maria, Ave Maria. Or, il arriva qu'un jour la porte de la cage étant restée. ouverte, l'oiseau s'envola; comme il voltigeait en l'air, il fut assailli par un milan, qui, les ailes étendues, fondit sur lui pour le dévorer. Déjà il ouvrait les serres et allait le mettre en pièces. Le petit oiseau, effrayé du danger où il se trouvait, se mit à crier : Ave Maria, Ave Maria. Chose étonnante ! dit saint Méliton, qui rapporte le fait, le milan, en entendant le nom de Marie, tomba mort à terre, comme frappé de la foudre, et l'oiseau triomphant continua de chanter : Ave Maria, Ave Maria. Vous voyez quelle est la puissance et la vertu de ce nom sacré même dans la bouche d'un petit animal, qui ne comprend pas ce qu'il dit. Quelle force et quelle vertu n'aura-t-il donc pas dans la bouche d'un homme qui le prononce dévotement? Une pieuse jeune lille en fit l'essai. Elle avait résolu de se faire religieuse; le démon, pour l'en détourner, lui apparaissait de diverses manières, exposant à ses yeux les délices du monde, et les incommodités qu'elle aurait à souffrir au couvent ; en un mot, il mettait tout en œuvre pour la faire renoncer à son pieux dessein ; mais la jeune fille, résistant à la tentation, le chassa honteusement et se moqua de lui. Un jour le démon, furieux de ne pouvoir arriver à ses

fins, la saisit et fit tous ses efforts pour la précipiter par la fenêtre. La vertueuse fille invoqua aussitôt le saint nom de Marie, en disant: Ave Maria, Ave Maria, et le démon fut contraint de lâcher prise. « Ah ! lui dit-il, si en ce moment tu n'avais pas prononcé le nom de cette femme, certainement je t'aurais jetée en bas et tuée. » Cela dit, il disparut et ne l'inquiéta plus jamais.

III. C'est donc votre faute, pécheurs, c'est votre faute si vous succombez à toutes les tentations, si vous êtes vaincus à chaque assaut du démon. Pourquoi n'employez-vous pas cette sainte relique? en d'autres termes, pourquoi ne vous recommandez-vous pas à Marie ? Pourquoi n'appelez-vous pas, de cœur et de bouche, Marie à votre secours? Ah! si vous le faisiez, comme les démons prendraient rapidement la fuite, comme les tentations s'évanouiraient, comme vous seriez aisément victorieux, comme vous vivriez saintement ! Faites-le donc, je vous en conjure par l'amour que vous portez à vos âmes ; faites-le dès que vous sentez la tentation arriver ; suivez alors le conseil de saint Bernard : M'ariam cogita, Mariani invoca : « Pensez à Marie, invoquez Marie. » Si vous êtes surpris par quelque accident imprévu , ou si vous appréhendez quelque sinistre, aussitôt recourez à Marie. En un mot, dans vos peines, dans vos difficultés spirituelles ou corporelles, pensez à Marie, invoquez Marie : Mariani cogita, Mariani invoca ; prononcez le nom sacré de Marie, et je vous donne l'assurance que cette sainte relique vous préservera de tous les maux en cette vie et dans l'autre. — Remarquez cependant que plus une relique est précieuse, plus elle est digne de vénération, aussi tous les saints invoquaient-ils le nom sacré de Marie avec urfe piété et un respect extraordinaires. Que dire donc de ces malheureux qui déshonorent ce saint nom, qui le

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