‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 77 sur 101 · EXAMEN SUR L' AVARICE CONTRAIRE A LA JUSTICE · texte numérisé non relu

EXAMEN SUR L' AVARICE CONTRAIRE A LA JUSTICE

1 . Examinez en premier lieu si vous ne vous êtes jamais permis de vous approprier le bien d'autrui.

2. Examinez si vous n'avez pas fait tort au prochain, sous de faux prétextes de charité, par exemple, en prêtant à usure, ou en faisant des contrats illicites.

3. Examinez si vous ne vous êtes pas rendu coupable d'usure palliée en cherchant à voiler vos contrats iniques et injustes.

4. Examinez si vous avez cédé dès l'enfance à un secret penchant pour l'avarice; que les femmes particulièrement voient si elles n'ont pas nourri cette passion dans l'enfance, et même étant mariées.

5. Examinez si vous avez fait tort au prochain en achetant ou en pendant, ou par d'autres moyens détournés.

6. Examinez si vous avez fait tort à vos maîtres, soit dans le service de la maison, ou en ne travaillant pas, ou en falsifiant les notes.

7. L'avarice étant plus préjudiciable chez les riches que chez les pauvres, ce soni ceux-là surtout qui doivent s'examiner sur ce point, particulièrement ces juges qui vendent la justice, ces avocats qui font durer les procès, les employés publics et autres personnages semblables, afin de se rendre compte du dommage causé au prochain.

8. Mais ceux qui ont le plus grave sujet d'examen, ce sont ceux qui fraudent les ouvriers de leur salaire, et sans cause légitime diffèrent de jour en jour de payer leurs dettes.

9. Enfin tous ceux-là doivent s'examiner sérieusement qui négligent, au grand préjudice des défunts, de satisfaire aux legs pieux, ou qui, par des simonies patentes ou palliées, se montrent esclaves de l'avarice au scandale des vivants.

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