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LXX1II

AU CARDINAL CRESCENZI, ARCHEVÊQUE DE FERRARE

Regret de ne pouvoir se rendre immédiatement à ses désirs. — Il le félicite de ce qu'il se livre à la prédication.

Narni, le 27 septembre 1748.

Eminentissime et reverendissime Seigneur,

Que la grâce de l'Esprit saint soit avec vous.

J'ai reçu enfin la réponse de l'Eminentissime Cardinal Delci, qui persiste à vouloir que nous donnions des naissons dans la Sabine, son diocèse ; il voit à regret que nous allions à Amelia, et il me prie, après avoir terminé dans cette ville, de me transporter à Monte Rotondo; notre Général, d'un autre côté, m'adresse l'incluse, d'où vous pour rezconclure que, d'ici à Pâques, il n'y a pas

(li 3 1« de l'édit. ital.

moyen d'aller dans votre diocèse. Il faut bien que nous nous conformions à la très sainte volonté de Dieu ; mais soyez assuré, Monseigneur, que mes compagnons aussi bien que moi, nous ne désirons rien tant que de vous rendre service, et moi-même, quand le moment opportun sera venu, je prierai notre Général de le trouver bon, si toutefois la bonté de Dieu nous conserve la vie, car la monture se fait vieille, et avance à grands pas vors l'éternité.

Je ne cesse de vous recommander et de vous faire recommander à Dieu, pour qu'il vous assiste en toutes choses. Je me réjouis d'apprendre que vous vous exercez à la prédication ; car pour les non-sens que vous craignez de commettre, je dis qu'ils produiront plus de fruit que les belles tirades des éloquents prédicateurs. Que Dieu daigne vous soutenir et vous donner la grâce de sanctifier votre diocèse!

Je termine en implorant votre bénédiction, et j'ai l'honneur d'être,

De Votre Eminence,

Le très humble et très dévoué serviteur,

Fk. Léonard de Port-Maurice, Missionnaire.

AU MÊME

Plan des Missions qui doivent être prêchées à Rome.

Du couvent Je Saint-Bonaventure , à Rome, le 21 mai 1749.

Eminentissime et reverendissime Seigneur,

Que la grâce de l'Esprit saint soit avec vous.

Je viens, après un long silence, vous exposer le plan de nos missions, qui commenceront à la suite de l'octave de saint Pierre. On en fera trois en plein air : la première sur la place Navone, la seconde au Transtevère et la troisième sur la place d'Espagne : on consacrera trois semaines à chaque mission, savoir, quinze jours de prédication et huit jours en permanence au confessionnal ; elles dureront ainsi jusqu'à la mi-septembre, après quoi auront lieu les exercices spirituels dans sept églises successivement, pendant une semaine dans chaque église, de sorte qu'on atteindra la mi-novembre ; durant ce mois, nous serons six ou sept missionnaires dans différentes églises, et, vers la fête de Saint-Thomas, on fera un triduum et on donnera la bénédiction. — Après Noël, on fera le tour des oratoires pour y poser le Chemin de la Croix, et y introduire la pratique de la petite couronne de l'Immaculée-Conception ; on exhortera tous les hommes à se réunir au moins chaque vendredi de l'année, vers le soir, pour faire ensemble le Chemin de la Croix, et le dimanche soir, pour faire la méditation. Je

(1) 32e de l'édit. ital.

m'occupe à ce sujet d'un opuscule qu'on fera imprimer.

Voilà un vaste plan de bataille tout arrangé pour faire la guerre à l'enfer; mais, sans le secours de Dieu, on ne fera rien de bon, et par conséquent, on a besoin de beaucoup de prières. Il est de fait que le peuple romain se montre très avide de ces missions; et l'on espère que si l'on ne fait pas tout le bien possible, on gagnera du moins quelques âmes à Dieu.

Votre Eminence est attendue à Rome avec impatience, surtout par moi et par mes compagnons, et l'on désire savoir quand vous arriverez. — J'ai fait visite à Madame votre Mère, et je lui ai trouvé une santé florissante et vigoureuse; je me suis réjoui de la voir en si bon état et plus adonné* que jamais aux œuvres de piété. Daigne le Seigneur vous la conserver longtemps !

Frère Diego prie tous les jours pour Votre Eminence; c'est ce que font aus.si tous les religieux de re couvent, et moi surtout qui suis entièrement à vous de cœur, et qui désire vous voir arriver au comble de la vraie sainteté.

Je baise la pourpre sacrée et je reste avec respect,

De Votre Eminence,

Le très humble et très dévoué serviteur,

Fr. Léonard de Port-Maurice, Missionnaire.

590 correspondance: de saint

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